Le maire d’Asbestos, Hugues Grimard, espère que sa municipalité pourra se lancer à 100 % dans l’exploitation des résidus miniers amiantés.
Le maire d’Asbestos, Hugues Grimard, espère que sa municipalité pourra se lancer à 100 % dans l’exploitation des résidus miniers amiantés.

« Le risque zéro n’existe pas »

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Spectateur attentif aux audiences du BAPE, le maire d’Asbestos Hugues Grimard plaide pour la mise en place rapide de mesures « claires et précises » pour valoriser les résidus miniers amiantés.

On retrouverait dans la région d’Asbestos quelque 200 millions de tonnes de résidus miniers 

« Je développe un créneau des résidus miniers depuis un certain temps et quand on vient pour aller travailler sur ces résidus, on a l’air d’improviser certaines règles, souligne M. Grimard. On demande aux entreprises de ne pas mettre plus de fibres dans l’air, mais on sait que les méthodes pour compter les fibres ne sont pas vraiment bonnes. »

À de nombreuses reprises durant les audiences, les représentants des différents ministères semblaient ne pas connaître les réponses aux questions soulevées par les commissaires. Ces derniers devaient souvent reposer la question ou demander des précisions pour arriver à comprendre la réponse.

« Ça me rassure de voir la volonté du commissaire à aller vraiment au fond des choses et ça permet de voir que les ministères devraient travailler beaucoup plus en synergie, analyse M. Grimard. Les normes se doivent d’être réadaptées et remises au goût du jour. J’ai beaucoup d’attentes envers les conclusions du BAPE. »

La plupart des intervenants se sont dits en faveur de la valorisation des résidus miniers. La santé publique s’est toutefois positionnée en défaveur, compte tenu des risques pour la santé. M. Grimard remet en question la crédibilité de ces risques.

« Ce sont des chiffres pris en quelle année? Avec présomption ou avec des autopsies? lance-t-il. Jusqu’où sont-ils allés pour s’assurer que les chiffres sont crédibles. Mais en tant qu’élu, jamais je ne vais remettre en question la santé et la sécurité de mes travailleurs et de ma population. »

« Je n’ai pas peur qu’au final on n’utilise pas les résidus miniers, c’est logique de le faire, ajoute-t-il. On parle de développement durable, de revaloriser une ressource qui est déjà extraite du sol, ça va créer de la richesse chez nous et c’est ça qui est important. Présentement on est capable de revaloriser et de bien le faire. Ce que je demande au gouvernement, c’est d’avoir des règles nettes et précises pour le faire.

Pas de patience

M. Grimard estime ne pas avoir la patience pour mettre un frein, même temporairement, à l’exploitation des résidus miniers.

« Est-ce qu’on se doit de mettre un moratoire sur notre développement, ce sera au gouvernement de le faire, mentionne-t-il. Je pense qu’on est capable de créer de la richesse rapidement en s’assurant de minimiser le risque le plus possible. Pour moi le risque zéro n’existe pas et n’existera jamais. Est-ce qu’on va priver le Québec d’un développement? Pour moi c’est non. »

Un blocage du gouvernement ne signifierait toutefois pas la fin de la municipalité selon le maire.

« On a créé plein de créneaux de développement d’avenir, dont les résidus, résume-t-il. Ça ne signifierait pas la fin de notre municipalité, mais ça créerait encore de l’instabilité. On n’est plus une ville mono-industrielle, mais un des créneaux porteurs, ce sont les résidus miniers. »

M. Grimard a réitéré son appui à un éventuel projet de visite de la mine Jeffrey.