Stéphane Goulet, propriétaire du bar Le Figaro et du bar du Chat noir plaide que les règles sanitaires sont généralement respectées dans ses établissements. Il réclame cependant une plus grande collaboration pour aider les entrepreneurs à faire appliquer les règles.
Stéphane Goulet, propriétaire du bar Le Figaro et du bar du Chat noir plaide que les règles sanitaires sont généralement respectées dans ses établissements. Il réclame cependant une plus grande collaboration pour aider les entrepreneurs à faire appliquer les règles.

Le propriétaire du Figaro et du Chat noir se défend

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Sherbrooke — Alors qu’il s’est réveillé avec le nom de ses deux bars en manchette lundi matin en raison des interventions policières qui ont eu lieu au courant de la fin de semaine, Stéphane Goulet estime injuste le traitement que reçoivent lui et ses établissements. Celui qui fait maintenant l’objet d’un rapport d’infraction déposé au Département des poursuites criminelles et pénales déplore des consignes et communications nébuleuses de la part des autorités, en plus d’une absence de ressources pour aider les entrepreneurs à faire respecter les mesures sanitaires. 

M. Goulet maintient que les agents du SPS sont passés au mauvais endroit au mauvais moment, et que les portraits qu’ils en ont tirés ne reflètent pas les quotidiens du Chat noir et du Figaro. 

« Quand on lit une histoire, c’est un livre complet, plaide-t-il en entrevue avec La Tribune. [Les policiers] n’ont lu qu’une page. Ils sont intervenus à ce moment-là, et tout à coup, je ne suis plus un entrepreneur, je suis un criminel. J’ai ma vie là-dedans. J’essaie de survivre. »

Celui-ci peine à estimer la somme des dépenses qu’ont engendrées les mesures sanitaires dans ses bars. Seulement pour pouvoir tenir des soirées karaoké dans le respect des règles, ce sont 5000 $ qui ont été investis, souligne-t-il. À cela s’ajoutent le matériel de désinfection et les masques qu’il fournit aux clients qui n’en possèdent pas. « En général, les règles sont très bien appliquées. Oui, des fois il y en a un qui est un peu fou et qu’on doit avertir deux ou trois fois pour qu’il mette son masque. Si il refuse, on lui dit de ne plus revenir. »

Rappelons que le rapport d’infraction général rédigé ce week-end au bar du Chat noir et Le Figaro par le SPS fait notamment état de plusieurs personnes ne portant pas le masque et ne respectant pas la distanciation sociale, notamment en dansant. On rapporte également une quinzaine de clients au bar Le Figaro et de l’alcool consommé sans nourriture vers 2 h du matin, allégation de laquelle M. Goulet se défend. « Mon client a pris un repas complet. Je suis un resto-bar. En quoi suis-je fautif? » demande-t-il.

M. Goulet demande à ce que les autorités fassent « la part des choses », et qu’elles se montrent plus collaboratrices. « Quand j’ai une grosse soirée, je prends la peine d’appeler le SPS pour les avertir. Pourtant, c’est à sens unique. Il y a des règles nébuleuses. Qu’on nous donne au moins des décrets clairs et précis. On doit fouiller pour trouver. Personne ne vient ici nous éduquer ou nous montrer comment faire telle ou telle chose. On fait comme on peut avec les ressources qu’on veut. On n’est pas subventionnés pour faire respecter les règles, rouler à 50 % de capacité et fermer à minuit. On a investi corps et âme, passion ici. Tout le monde est brûlé. Les employés sont brûlés », dit-il.