Robert Côté souhaite construire un immeuble de 200 logements sur 17 étages sur la rue Pacifique, voisin de son immeuble Le Pacifique.

Le promoteur d'une tour de 17 étages tiendra une soirée d’information

Le promoteur Robert Côté présentera son projet immobilier de 17 étages aux citoyens du quartier ouest en soirée d’information publique, probablement en septembre.

En se pliant à cette suggestion des élus de l’arrondissement des Nations, l’homme d’affaires souhaite faire la démonstration que le quartier est prêt à accepter un projet d’une telle envergure.

M. Côté a déjà érigé en 2015 un immeuble de six étages, baptisé Le Pacifique, sur ce terrain de quelque 20 000 m2 bordé par les rues Claire-Jolicoeur, du Pacifique et de Dieppe, en contrebas du Château Bellevue. Après plusieurs années de négociations, le conseil municipal de l’époque avait fini par autoriser une deuxième phase à neuf étages, mais puisque le promoteur veut maintenant ériger un immeuble de 17 étages, il doit obtenir un amendement au zonage.

Or les élus semblent réticents à enclencher ce processus qui pourrait ultimement aboutir sur un référendum dans le secteur concerné.

« Ce qu’on a suggéré fortement à M. Côté, c’est de commencer par une soirée d’information pour prendre le pouls au niveau de l’acceptabilité sociale. Comme d’autres promoteurs l’ont fait pour d’autres projets », confirme le conseiller du district de l’Université, Paul Gingues, après que le promoteur a présenté son projet aux cinq élus de l’arrondissement en atelier de travail la semaine dernière.

« Je maintiens que c’est la meilleure façon de faire avancer le projet comme lui le souhaite. J’ai entendu ce que le promoteur veut faire, maintenant j’aimerais entendre ce que la population en pense », ajoute M. Gingues.

La phase 2 du projet de Robert Côté, baptisé Le Bonaparte pour faire un clin d’œil à ses Appartements Le Napoléon dans le Nord de la ville, se veut un immeuble de prestige avec quatre ascenseurs vitrés, une piscine sur le toit, 200 espaces de stationnement sous-terrain et une verrière. Le promoteur vise un minimum de 200 unités de logement, pour une clientèle semi-retraitée et retraitée.

Son projet prévoit également un édifice commercial qui serait érigé entre le Le Pacifique et Le Bonaparte pour des services de proximité comme une pharmacie, un dépanneur, un restaurant et des soins esthétiques.

Un défricheur

« D’après moi, personne ne va s’opposer à ça. La densité ferait mon affaire autant que celle de la Ville. C’est un immeuble de prestige qui va avantager le quartier », fait valoir M. Côté en soutenant que les mentalités ont évolué dans la population et qu’à 17 étages à cet endroit, son Bonaparte ne sera guère plus haut que les immeubles de 12 étages qui ont été construits ces dernières années de l’autre côté du pont Jacques-Cartier.

« Des changements de zonage, j’en ai fait six jusqu’à maintenant pour mes projets immobiliers, ajoute-t-il. Il y en a un seul qui est allé en signature de registre et il n’a même pas obtenu le nombre de signatures requises (pour aller en référendum). Il faudrait que le conseil municipal arrête d’avoir peur. »

La conseillère Karine Godbout, qui a elle aussi assisté à la présentation du projet comme élue de l’arrondissement des Nations, voit cette soirée d’information publique d’un bon œil.

« M. Côté, c’est un peu un défricheur. Des immeubles avec une hauteur et une densité comme ça à Sherbrooke, on n’en a pas actuellement. Un défricheur, ça implique plusieurs enjeux et c’est de ça qu’on a discuté avec lui. Il y a la vision de la ville au niveau de la densification qui entre en ligne de compte. (...) Il y a des discussions à y avoir, mais d’amener le projet sur la place publique, je pense que c’est une bonne façon de faire la réflexion collectivement.

« Je ne suis pas pour, je ne suis pas contre, ajoute Mme Godbout. Il y a des éléments de densification qui peuvent être intéressants pour profiter de la verdure et du milieu de vie, concède-t-elle. Il y a toute la vue de ça pour laquelle je n’ai pas toutes les réponses. Je pense que c’est une réflexion très intéressante pour Sherbrooke et pour nous amener à nous poser les bonnes questions quand des projets comme ça nous sont amenés. »

Notons par ailleurs qu’en réponse à une plainte qui aurait été formulée contre lui, Robert Côté précise s’être inscrit au Registre des lobbyistes du Québec avant de présenter son projet aux élus de l’arrondissement.