Louis Garceau et sa conjoint Michèle Beaudoin sont contre un possible raccordement entre le boulevard Mi-Vallon et le boulevard René-Lévesque.

Le prolongement possible de Mi-Vallon divise les citoyens

L’idée avancée lors du dernier conseil municipal par Évelyne Beaudin de raccorder le boulevard Mi-Vallon et le boulevard René-Lévesque a divisé les citoyens samedi lors d’une consultation publique à laquelle prenait également part la conseillère Annie Godbout. Près d’une cinquantaine de citoyens s’y sont déplacés pour poser des questions.

Plusieurs résidents des rues autour du boulevard Mi-Vallon ont déploré le trafic grandissant. Les rues Marini, Mondor et Magnelli reçoivent beaucoup plus de voitures puisqu’elles permettent de rejoindre le tout nouveau boulevard René-Lévesque. De l’autre côté, les rues Marcel-Marcotte, Mancini, Malerbe et Mégantic sont utilisées par de nombreux automobilistes pour se rendre sur le boulevard Industriel.

« J’ai fait mes calculs, entre 16 h 50 et 17 h 10, et j’ai calculé 115 voitures, explique Jimmy Duval-Caux, un résident de la rue Marini. Ça fait presque 400 voitures à l’heure et la rue n’est pas configurée pour ça et en plus, on a les autobus de la STS qui passent. »

L’idée avancée par Évelyne Beaudin proposerait de prolonger le boulevard Mi-Vallon jusqu’au boulevard René-Lévesque dans le but de limiter le trafic dans les rues périphériques. Les automobilistes n’auraient toutefois qu’une seule option sur René-Lévesque, soit celle de tourner à droite, puisqu’il sera impossible d’y construire un rond point.

« J’ai pris l’engagement de défendre les intérêts des gens de mon secteur et il y a un problème, estime Évelyne Beaudin, qui assure avoir déjà parlé de faisabilité avec les fonctionnaires de la Ville. Je vous invite à aller marcher sur la rue Marcel-Marcotte, Malerbe et Mégantic. Je ne connais personne qui se sent en sécurité dans ces rues parce que le volume de circulation est trop important. Je ne vois pas d’autre solution que de raccorder Mi-Vallon à René-Lévesque. Ces rues sont utilisées tous les jours en transit. Le volume de voitures est déjà présent, mais il est dans des rues locales qui ne devraient pas servir à ça. Au lieu de faire tout ce zigzag, ça m’apparaît plus logique que ce soit en ligne droite. »  

La conseillère Annie Godbout est toutefois plus tiède à l’idée d’un possible raccordement.

« En 2013 j’étais contre l’idée parce que je crois effectivement qu’il y a un potentiel d’augmenter le transit dans le secteur. Mais je suis en mode ouverture, et si jamais ça se fait je vais négocier pour qu’on améliore la sécurité sur Mi-Vallon de façon très significative. La protection des enfants est ma plus grande priorité. Je voulais écouter les gens et là je vois qu’eux aussi ils sont divisés. »

D’autres citoyens du quartier ont remis en doute la pertinence du raccordement.

« Lorsqu’on a acheté il y a cinq ans, on a bien vérifié le plan d’urbanisme et on venait demeurer dans un secteur résidentiel, pas en face d’une autoroute urbaine, lance Louis Garceau. Ça va augmenter le trafic et faire baisser la valeur de nos propriétés. On est contre ce projet.»

« Ce n’est pas équitable et respectueux des gens de Mi-Vallon, souligne Michèle Beaudoin. C’est nous qui supportons le plus gros trafic dans le quartier. Toutes les rues convergent vers Mi-Vallon. Imaginez si on donne un lien direct entre le boulevard Bourque et le boulevard René Lévesque. Qu’est-ce que vous pensez que les gens vont faire? On a déjà trop de circulation.»

Les terrains au bout de Mi-Vallon appartiennent en partie aux Entreprises Lachance et à la Ville de Sherbrooke.

La sécurité avant tout

Tous les citoyens présents s’entendent toutefois pour dire que la sécurité est déficiente dans le secteur Mi-Vallon. Plusieurs ont demandé l’installation de dos d’âne. La Ville serait toutefois réticente.

« Nos services n’aiment pas vraiment ça, explique Évelyne Beaudin. D’habitude quand on met un dos d’âne c’est quand on a mal planifié la configuration des rues. Le problème vient du déneigement, les véhicules  d’urgence n’apprécient pas vraiment et les autobus non plus. Ce n’est pas une solution miracle, mais un moment donné il va falloir trouver une solution.»

La vitesse des automobilistes, le manque de trottoir et le marquage au sol ont également été pointés du doigt par les citoyens.

« Je ne comprends pas qu’on ne fasse pas au moins du marquage au sol, résume Mme Beaudin. C’est un minimum, ça ne coûte presque rien puis il y a des endroits où c’est absolument nécessaire d’avoir une ligne pour déterminer l’espace piéton. On s’est fait dire que c’était une question de budget.»