Stéphanie Leclerc garde espoir que le projet de rues partagées voie le jour en 2021.
Stéphanie Leclerc garde espoir que le projet de rues partagées voie le jour en 2021.

Le projet de rues partagées pourrait être reporté

La COVID-19 pourrait aussi retarder la mise en place d’un projet-pilote de rues partagées à Sherbrooke, alors que la Ville a lancé les démarches pour évaluer la faisabilité d’un tel concept. Si l’échéancier de 2021 est maintenu pour le moment, l’horizon de 2022 est aussi considéré. La citoyenne Stéphanie Leclerc, qui souhaite l’implantation du concept dans le vieux nord, aimerait que la Ville voie la pandémie comme une occasion d’accélérer les démarches pour la mobilité active.

Mme Leclerc se dit néanmoins consciente que la pandémie exerce une pression sur les finances de la Ville et que les priorités pourraient être complètement bouleversées.

Rappelons que le concept de rue partagée vise une réduction de la limite de vitesse à 20 km/h et la réalisation d’aménagements pour rendre la rue plus étroite. Les automobilistes, les cyclistes et les piétons n’auraient plus d’espace spécifique pour circuler, si bien qu’ils devraient partager la même surface et adapter leur comportement en conséquence. Mme Leclerc réside dans le secteur du parc de l’Ancienne-Caserne et croit que les rues entourant le parc seraient propices à un tel projet.

En octobre, la présidente du comité de la sécurité publique, Danielle Berthold, rapportait que sept conférences avec des chercheurs de l’Université Laval devaient d’abord permettre d’établir les critères pour désigner les rues qui seraient retenues. Quatre mois de démarches devaient mener à un projet-pilote en 2020 ou en 2021. 

Mme Leclerc dit avoir pris des nouvelles au début du mois de juillet et la Ville lui aurait confirmé que les processus de consultation avec les chercheurs de l’Université Laval étaient entamés grâce à un budget entériné pour 2020. La COVID-19 a toutefois mis un frein aux démarches, qui pourraient reprendre cet automne. « Pour le projet-pilote en 2021, on espère encore que c’est possible, mais il faudra revoir la faisabilité en fonction du budget municipal », rapporte Mme Leclerc. Cette information a été confirmée par la Ville de Sherbrooke.

Selon Danielle Berthold, les étapes qui doivent être franchies en 2020 seront réalisées. « Pour les investissements, il faudra voir lors des études budgétaires. »

Stéphanie Leclerc entretient néanmoins certains espoirs. « Je suis consciente que les élus ont un gros rôle à jouer pour établir les priorités. À Montréal, Valérie Plante a profité de la pandémie pour accélérer les démarches pour créer des rues piétonnes et ajouter des pistes cyclables. Le projet d’oasis urbaine sur la rue Wellington est le signe d’un intérêt pour un lieu partagé. Ça s’inscrit dans la lignée de notre projet. On peut se servir de la COVID comme d’une excuse ou d’une occasion. Mais je ne connais pas l’ensemble des défis à la Ville pour la reprise. »

Stéphanie Leclerc trouve les réponses de la Ville encourageantes. « On nous montre qu’il y a une soif pour un projet-pilote, mais on se garde une réserve dans les circonstances. Je trouve que c’est honnête. Nous aimerions participer aux rencontres avec les chercheurs, si possible, pour être impliqués dès le départ et pour mieux comprendre les rouages du projet. »

Selon Danielle Berthold, les citoyens ne pourraient probablement pas participer aux premières conférences, mais ils seront assurément impliqués dans le processus. « Ce ne sera pas fait sans leur consentement ou leur avis. »