Le programme d’accompagnement justice et santé mentale (PAJSM) permet à des individus vivant avec des problèmes de santé mentale et qui commettent de petits délits à répétition de reprendre leur vie en main avec le suivi d’un intervenant social et de cesser les allers-retours répétés au palais de justice.

Le programme justice et santé mentale en suspens

EXCLUSIF / Lancé à Sherbrooke de façon permanente il y a un peu plus d’une année, en présence des partenaires tant sociaux que du système de justice, le programme d’accompagnement justice et santé mentale (PAJSM) bat de l’aile en raison du départ de l’intervenante pivot.

La Tribune a appris, jeudi, en salle d’audience au palais de justice de Sherbrooke, que le programme est suspendu depuis le départ d’une travailleuse sociale qui a accepté un autre poste il y a deux semaines.

« Il faut que ça reprenne du galon. C’est trop précieux », a exprimé le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec.

Ce programme permet à des individus vivant avec des problèmes de santé mentale et souvent avec des capacités cognitives plus limitées, qui commettent des petits délits criminels à répétition, de stabiliser leur condition, de reprendre leur vie en main avec le suivi d’un intervenant social et de cesser les allers-retours répétés au palais de justice de Sherbrooke.

Me Benoit Gagnon de l’aide juridique soutient que la poursuite de ce programme est essentielle, particulièrement pour ce type de clientèle plus vulnérable.

« C’est un programme qui est devenu indispensable. Nous ne pouvons plus passer à côté. Il est important qu’il y ait une continuité dans les ressources qui sont affectées au PAJSM », signale Me Gagnon.

En septembre 2018, le programme d’accompagnement justice et santé mentale avait été étendu à l’ensemble du district judiciaire de Saint-François à la suite du projet-pilote mis en place en 2017. Ce sont 116 dossiers qui ont été ouverts dans le cadre du PAJSM.

« Nous espérons que la situation pourra être rétablie le plus vite possible. Je suis convaincu que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS travaille fort pour trouver un autre travailleur social pour prendre le relai. Tout le monde demeure convaincu qu’il ne faut pas laisser aller ce programme », signale le procureur aux poursuites criminelles responsable du PAJSM, Me Claude Robitaille.

La prochaine audition prévue en Cour du Québec le 3 octobre aura tout de même lieu étant donné que l’intervenante pivot a assuré le suivi de tous les participants.

« C’est pour la suite que c’est plus difficile. Toutes les nouvelles demandes sont mises sur la glace. Du côté de la justice, nous pouvons déterminer si une personne est admissible, mais c’est au travailleur social de faire l’évaluation afin de confirmer si la personne peut participer au programme », signale Me Robitaille.


« Tous les dossiers en cours vont cependant se poursuivre. »
Geneviève Lemay

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS assure que le PAJSM demeure une priorité de l’équipe en santé mentale et en dépendance.

« Le poste sera affiché dès que possible. En aucun cas il est question de mettre fin au programme », assure la porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Geneviève Lemay.

En attendant qu’une nouvelle intervenante pivot obtienne le poste, aucun autre dossier ne sera accepté au programme.

« Tous les dossiers en cours vont cependant se poursuivre », assure Geneviève Lemay.

Le DPCP, l’aide juridique, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, la Ville de Sherbrooke, le Service de police de Sherbrooke, le ministère de la Sécurité publique (MSP), la magistrature de la Cour du Québec et l’Université de Sherbrooke participent entre autres à ce projet. La collaboration de chaque instance est essentielle à la réussite de ce programme.