Le président de Sherbrooke OEM, Alain Brasseur, ne décolère pas dans le dossier de Valoris.

Le président de Sherbrooke OEM ne décolère pas contre Valoris

Le président de Sherbrooke OEM ltée, Alain Brasseur, ne décolère pas dans le dossier de la régie intermunicipale Valoris. En plus de chercher à démentir certaines prétentions contenues dans la défense de Valoris, il rappelle que son entreprise, le fournisseur des équipements de tri, réclame une somme totale de 8 millions $ dans une poursuite contre la régie.
M. Brasseur se dit choqué de constater que les chiffres diffusés concernant la poursuite de Sherbrooke OEM s'élèvent à 2,3 M$ alors qu'une somme additionnelle de 5,7 M$ est exigée pour des travaux supplémentaires à ceux prévus à son contrat. « OEM a dû traiter plus d'une trentaine de demandes de changement et directives exécutoires imposés en cours d'exécution, sans compensation financière, en plus de subir les conséquences et les coûts additionnels résultant de l'ingérence de Valoris, des retards sur l'échéancier de la construction du bâtiment, des modifications de la dalle au sol [...] », lit-on entre autres dans un communiqué.
Dans la défense et demande reconventionnelle modifiée déposée par Valoris, la régie se dit « surprise, sinon choquée de constater l'ampleur des supposés travaux additionnels [...] réclamés par la partie demanderesse » et mentionne que « l'autorisation de réaliser des travaux additionnels présuppose des négociations préalables et un échange de consentement quant à leur nature et quant au coût qu'ils engendrent. »
Valoris stipule donc n'avoir jamais commandé les travaux en question.
« C'est le côté politique qui commence à m'écoeurer. Il y a une banalisation dans un dossier qui ne devrait pas être banalisé », dit M. Brasseur
Le président de Sherbrooke OEM espère une décision de la cour d'ici deux ans dans le dossier. « J'espère que le gambling vaut la peine pour Valoris, parce que les intérêts chargés par la cour sont d'environ 6 %. Ce sont les citoyens qui payeront ce montant. »
Alain Brasseur revient sur la fermeture des deux lignes de tri de Valoris. « Le vrai coupable qui va sortir de ça, c'est le citoyen de Sherbrooke, parce qu'il fait une maudite bonne job sur le bac de recyclage. Il ne reste plus grand-chose à valoriser. Ce qui reste pourrait avoir une certaine valeur et c'est pour ça qu'il ne faut pas détruire tout un projet régional. Ce qui avait été évoqué dans les premières études, c'était qu'il y avait une portion énergie. Ç'a été oublié en cours de route. Au Canada, des lignes d'énergie, il n'y en a à peu près pas. Il aurait fallu développer le marché. »
Selon M. Brasseur, la matière organique arrive en plus grande quantité que prévu chez Valoris. « La ligne organique de Valoris a été développée pour la méthanisation alors qu'elle est utilisée pour le compost, mais les normes ne sont pas les mêmes dans les deux cas. »
Il ne comprend pas que Valoris parle de problèmes de blocage sur la ligne des industries, commerces et institutions. « C'est un convoyeur alimentaire avec un tri manuel. S'il y a un blocage, il serait intéressant qu'ils nous invitent à constater le problème, mais nous n'avons jamais pu faire les tests de matière. »
M. Brasseur poursuit dans le même sens devant le constat que la ligne n'est pas en mesure de récupérer les pellicules plastiques. « La ligne est manuelle. C'est toi qui choisis. C'est tellement loufoque ces choses-là. »
Jean-François Sornin, directeur général de Valoris, refuse de commenter. Il mentionne toutefois que « nous avons toujours offert la possibilité de venir nous aider, de venir corriger les problèmes. La porte est toujours ouverte. Une des raisons pour lesquelles nous avons arrêté les lignes de tri, c'est la performance. Nous essayons de faire la meilleure gestion au profit des contribuables ».
Quatre poursuites touchent actuellement Valoris. La régie intermunicipale poursuit le consortium SMI/Genivar et Construction Geratek ltée, alors qu'elle fait l'objet de poursuites de Sherbrooke OEM et de Construction Geratek ltée.