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La Dre Mélissa Généreux
La Dre Mélissa Généreux

Le présentiel à l’école, un facteur de protection? 

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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La présence sur les bancs d’école pourrait avoir contribué à éviter la détérioration de la santé mentale des jeunes adultes estriens. Il s’agit d’une hypothèse qui pourrait expliquer la situation différente en Estrie par rapport au reste du Québec. 

« Ce n’est pas un lien de cause à effet. On n’a pas exploré ça à fond. Mais au niveau de l’Estrie, il y a un ou plusieurs phénomènes qui semblent protéger contre les impacts psychosociaux de la pandémie qu’on retrouve moins ailleurs au Québec », précise la Dre Mélissa Généreux, chercheuse et professeure à l’Université de Sherbrooke. L’Estrie est aussi entrée plus tardivement en zone rouge que d’autres régions.

« Du 4 au 14 septembre, on avait 29 % des jeunes de 18-34 ans qui affichaient des symptômes compatibles soit avec de l’anxiété ou de dépression majeure probable. C’était assez élevé. On a répété cette collecte du 6 au 18 novembre avec un nouvel échantillon (…)  Chez les 18-34 ans, on est passé de 29 % à 25 % », illustre Mélissa Généreux, en ajoutant que ces taux se sont détériorés dans le reste de la province.   

L’Estrie s’est démarquée par rapport aux autres régions du Québec en insistant pour offrir un minimum de présentiel, note-t-elle. 

Elle rappelle que l’avis déposé aux établissements d’enseignement supérieur – d’offrir un minimum de présentiel — est bel et bien une recommandation de la Santé publique de l’Estrie pour les établissements de la région.  

La nouvelle étude que Dre Généreux entreprendra dans différents établissements d’enseignement supérieur et dans des écoles secondaires permettra de se pencher davantage sur le rôle de la présence à l’école comme facteur de protection.

« Pour une des premières fois, du moins du haut de mes observations, on a été capable de s’avancer sur des recommandations en s’appuyant à la fois sur une analyse de risques liée à la transmission du virus et une analyse de risques liée plus aux facteurs psychosociaux. »

245 cas

On recense 245 cas de COVID-19 dans les cégeps et les universités de la région cet automne, autant chez les étudiants que le personnel. Du nombre, ce sont 59 cas qui ont été acquis dans l’un de ces milieux. La majorité des cas sont liés au contact avec la famille, aux lieux de travail, aux amis, etc. « Parmi les cas positifs à l’école, c’est une minorité qui l’ont réellement attrapé là. »

« On regarde le nombre de cas connus à l’automne et ce n’était vraiment pas si désastreux, en termes de cas documentés transmis en milieu scolaire, au cégep et à l’université. On est à l’aise de maintenir le présentiel parce qu’on a vu qu’on était capable de gérer les éclosions. Si on veut réduire le nombre de cas, ce n’est pas en fermant les cégeps et les universités ni en fermant les écoles primaires et secondaires. C’est ailleurs. » 

L’Estrie compte depuis le début 9285 cas au total.  

Le présentiel est jouable, estime la directrice du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger.

« Si ça ne va pas bien, on reculera. Mais on pense qu’on peut y arriver, en préservant cet équilibre délicat entre les risques biologiques et psychosociaux », indique Mme Bélanger.