Marine Le Pen et Emmanuel Macron

Le premier tour divise les Français estriens

Les Français estriens sont largement divisés à la suite du premier tour de l'élection présidentielle de dimanche. Le favori Emmanuel Macron et Marine Le Pen ne font pas l'unanimité chez les gens contactés.
« Je ne suis pas surpris. J'avais prédit la victoire de Macron et la deuxième place de Le Pen il y a quelques mois déjà », lance Georges Laurent, qu'on a connu à Sherbrooke dans le monde du soccer.
« Les Français voulaient du changement. Ils ont choisi le centre au lieu d'aller vers les partis traditionnels de la gauche et de la droite. Ils ont choisi Macron, car c'est un candidat qui offre toutes les qualités qu'ils recherchent. »
Dimanche, les Français ont voté au premier tour de la présidentielle. Le pro-Européen Emmanuel Macron, qui a récolté 24 pour cent des votes, a déjà fait le plein d'appui en prévision du scrutin final du 7 mai. À l'extrême droite, Marine Le Pen a terminé deuxième avec 21 pour cent des suffrages. Lundi matin, elle était donnée largement battue. Les deux candidats avancent des arguments « antisystèmes », mais avec deux visions radicalement différentes sur l'avenir de la France en Europe.
C'est la première fois aussi que les deux grands partis qui dominent la vie électorale depuis près d'un demi-siècle, le parti de droite Les Républicains et le Parti socialiste, sont éliminés d'une présidentielle.
« Je suis content pour les Français. Ils ont pris un tournant majeur », ajoute M. Laurent.
Jacqueline Richer se dit grandement déçue de la victoire de Macron, la « continuité de François Hollande », dit-elle. « Macron, on ne le connaissait pas avant. Il vient de la haute finance. Les financiers sont derrière lui », analyse-t-elle.
« Si Le Pen gagne, ça sera la catastrophe. Comme Trump aux États-Unis. L'enfer. »
Mme Richer avait misé sur François Fillion, le chef de Républicains (droite). Sa campagne a été ponctuée de plusieurs soubresauts qui lui ont fait mal, comme les emplois fictifs accordés à certains de ses proches. « Ça lui a fait mal, mais ils l'ont tous fait », déclare-t-elle en parlant des autres politiciens qui ont occupé le pouvoir en France ces dernières années.
Jeannine Boynard attribue carrément la victoire d'Emmanuel Macron à de la « magouille ». « C'est la vérité! », martèle-t-elle. On le sent davantage derrière Marine Le Pen, même si cette Française qui est au Québec depuis 1961 ne votera pas à cette élection présidentielle.
« Le problème de l'immigration demeure entier », dit-elle en référence à la promesse de la leader du Front national de limiter l'arrivée des immigrants en France. « Il y a toujours eu des immigrants en France. Quand j'étais jeune, les immigrants s'intégraient. »
« Aujourd'hui, c'est autre chose. Il n'y a plus d'emploi pour eux. »
Mme Boynard s'insurge de voir le monde politique français devenir une « démocrature » au lieu d'une démocratie. Pour elle, Macron a pris un moyen détourné pour se rendre où il est maintenant à deux semaines du vote final de la présidentielle.
« Macron vient de la Banque Rothschild. Il a pris un détour. C'est un outsider », souligne-t-elle.
« C'est l'establishment de la finance qui l'a poussé là! »