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Le premier quartier d’intégrité nocturne à Sherbrooke s’apprête à voir le jour. Il s’agit de la première étape « visible » permettant de créer une oasis de nuit étoilée à Sherbrooke.
Le premier quartier d’intégrité nocturne à Sherbrooke s’apprête à voir le jour. Il s’agit de la première étape « visible » permettant de créer une oasis de nuit étoilée à Sherbrooke.

Le premier quartier d’intégrité nocturne en voie de naître        

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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SHERBROOKE — Le premier quartier d’intégrité nocturne à Sherbrooke s’apprête à voir le jour. Il s’agit de la première étape « visible » permettant de créer une oasis de nuit étoilée à Sherbrooke.

Aux yeux du professeur du Cégep de Sherbrooke Martin Aubé, il pourrait s’agir d’une première mondiale. 

L’objectif n’est pas d’enrayer complètement la pollution lumineuse, mais plutôt de rendre celle-ci moins dommageable. 

Pour y parvenir, une équipe composée notamment d’étudiants du Cégep de Sherbrooke proposera aux citoyens habitant dans certaines rues aux abords du mont Bellevue de modifier leur éclairage. 

Afin d’inciter les gens à faire ces modifications, une campagne de financement a été lancée pour acheter les ampoules mieux adaptées à la protection du ciel étoilé. 

La Tribune avait parlé de ce projet en 2019, mais la pandémie a ralenti sa mise en place. Johanne Roby, professeure au Cégep de Sherbrooke, indique que cela pourrait se faire autour de la mi-avril.

Contrairement à ce qu’on pouvait penser, la principale cause de la pollution lumineuse n’est pas les lampadaires de rue, a constaté M. Aubé. Dans 50 à 60 % des cas, il s’agit d’une source privée, comme les entreprises et les citoyens. 

« C’est plus compliqué; chacun a sa lampe. La Ville ne peut pas facilement intervenir, il n’y a pas de règlement pour ça. » 

Dans le quartier à proximité de l’entrée du parc du mont Bellevue, sur Dunant, par exemple, il n’y a pas de lampadaire de rue; ce sont les citoyens qui ont leur propre dispositif. 

Pour réduire l’impact de l’éclairage, des rues ont été identifiées comme étant prioritaires, à proximité du parc. « Ce quartier-là est à l’entrée de l’oasis », note Mme Roby, en indiquant que des visites seront faites aux citoyens la semaine prochaine. 

Comme les responsables du projet craignaient de se heurter à des résistances, ils ont plutôt décidé d’acheter les ampoules. 

« Le quartier d’intégrité nocturne, c’est la première étape visible, pour autant que la population embarque. Ça reste l’inconnu dans le projet. Si les gens embarquent, ça va être facile à percevoir. La quantité de lumière va diminuer un peu. Ce n’est pas tant ça qu’on change que la quantité de lumière bleue. »

L’équipe travaille aussi en collaboration avec Hydro-Sherbrooke afin de remplacer certains lampadaires. 

« Le but du projet, c’est de restaurer l’intégrité nocturne dans le parc. » 

« On est sur le point de déposer une demande de reconnaissance à l’International Dark Sky Association qui consiste à déclarer une partie du parc du Mont-Bellevue comme étant ce qu’il appelle un ‘‘Urban Dark Sky Place’’», précise M. Aubé. 

La particularité du projet repose vraiment sur le caractère urbain de l’oasis, note Mme Roby.

Les chercheurs n’ont pas amorcé pour le moment de démarches en lien avec l’éclairage de la station de ski, un volet qui pourrait s’avérer plus complexe. Et, comme le rappelle M. Aubé, la station fonctionne quelques mois par année.

Une partie du parc du Mont-Bellevue est appelée à devenir une oasis de nuit étoilée.

Le ciel cartographié

L’équipe de M. Aubé a cartographié le ciel sherbrookois. « On avait déjà travaillé sur un prototype qu’on a appelé le LANcube (LAN pour Light at night). On le met sur le toit d’une voiture et il mesure, à un rythme donné, la couleur et l’intensité de la couleur dans toutes les directions. On a fini de mettre ça au point. On a cartographié presque 100 % de la ville de Sherbrooke et on a même généré des cartes d’indices de risques pour le cancer. (voir autre texte) »

Et ce n’est que le début du projet d’oasis. Initialement, celui-ci comptait un volet récréotouristique dans sa vision à long terme. Il vise aussi à stimuler la recherche dans le domaine. 

Le nom de l’initiative globale, la création de l’oasis de ciel étoilé, a été modifié pour « nuit étoilée ». « On ne veut pas donner l’image qu’on protège uniquement le ciel. On veut aussi protéger les animaux, les plantes, les insectes, l’être humain, l’intégrité de la nuit. »