Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée et sa vice-chef Véronique Hivon se sont arrêtés dans les bureaux de La Tribune pour une entrevue éditoriale avant de participer, en soirée, à un rassemblement partisan avec les candidats de la région.

Le PQ veut retenir les étudiants internationaux

Une solution au manque de main-d’œuvre dans la province serait de retenir les étudiants des autres pays qui viennent étudier sur le territoire du Québec. C’est qu’actuellement, à peine 25 à 30 % de ces étudiants restent après leurs études, selon le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée.

« On veut que leur rétention soit beaucoup plus forte que maintenant, commente M. Lisée. De venir pour étudier, ça leur coûte plus cher qu’un étudiant québécois. S’ils restent ici pour travailler durant, disons six ans, on va leur rembourser la différence en crédits d’impôt. Ils auront payé l’équivalent d’un étudiant québécois. C’est une technique pour leur dire : “on vous veut et on veut que vous restiez” », propose-t-il. 

Par ailleurs, dans le système de pointage décidant des immigrants que le Québec accueille, le PQ donnerait plus de points à ceux qui veulent s’établir en région. « C’est sûr que ça va faire une différence, assure la vice-chef du parti, Véronique Hivon. On va travailler en amont pour faire le jumelage avec des entreprises qui ont besoin de cette main-d’œuvre. En ce moment, des gens arrivent sans structure et sans emploi déjà trouvés. Ils disent donc qu’ils vont aller à Montréal ou à Toronto pour retrouver des membres de leur communauté. Nous, on veut justement changer ça », indique-t-elle, ajoutant que l’immigrant demeure libre de s’en aller vers les grands centres. 

Cependant, la responsabilité est partagée, précise M. Lisée. « Le gouvernement doit faire des efforts pour amener des immigrants en région et les régions doivent faire des efforts pour faire en sorte que leur intégration soit réussie. »

Un autre moyen de retenir les immigrants en région serait de créer de petites communautés. « Si tu as cinq familles vietnamiennes, mets-les donc dans la même ville, demande Jean-François Lisée. Ils vont souper entre eux, vont se parler et vont se raconter leur histoire d’intégration. Avoir une petite communauté, c’est un gage d’intégration supplémentaire. »

Le français

Jean-François Lisée est clair : il aimerait que les immigrants apprennent le français avant d’arriver au Québec. « Je ne fais pas confiance aux libéraux pour avoir voulu maximiser l’immigration francophone. Je pense qu’à partir du moment où le signal est clair, pour être un travailleur qualifié au Québec, ça prend une connaissance du français à l’entrée. Si l’emploi qui t’est offert, c’est de travailler au McDonald’s d’East Angus, il n’a pas besoin de la même connaissance du français que celui qui est engagé comme informaticien, par exemple. On est flexible là-dessus », explique-t-il.

« Tout le monde a compris que les cours de francisation sont optionnels, donc beaucoup n’y vont pas, déplore M. Lisée. Nous, on dit que pour les nouveaux arrivants, ça va être une obligation, car ils devront l’apprendre avant leur arrivée. Sauf les réfugiés, évidemment. On leur apprend le français avant qu’ils se trouvent un emploi. On va régler le problème pour l’avenir », ajoutant que quelques exceptions existeraient pour les talents internationaux.