Gabriel Nadeau-Dubois

Le PQ trop démoniaque pour une convergence mais pas pour une coalition

La convergence était une excellente manière de multiplier les chances, autant pour Québec solidaire (QS) que le Parti québécois (PQ), de faire élire un maximum de députés. Les possibilités en ce qui a trait à la manière de concrètement réaliser cette convergence étaient multiples, mais les délégués du récent congrès de QS fermèrent la porte brusquement.
J'ai été surpris d'apprendre que Gabriel Nadeau-Dubois souhaitait mettre sur pied un gouvernement de coalition avec le PQ. L'idée en soi n'est vraiment pas mauvaise. Malheureusement, cette proposition, et surtout la défense de celle-ci, GND devait la faire avant et pendant son congrès. QS a clairement décidé de rejeter la convergence pour deux raisons. Plusieurs de leurs délégués croient qu'un gouvernement du PLQ ou de la CAQ serait moins dommageable qu'un gouvernement du PQ. De plus, la majorité croit que le parti peut remporter les élections seul.
Ainsi, une assurance de gouvernement de coalition ferait en sorte que si QS était minoritaire, il pourrait compter sur les députés péquistes pour maintenir la confiance de la Chambre, et si c'était le PQ qui se retrouvait en situation minoritaire, QS lui permettrait de garder la confiance de la Chambre, à certaines conditions.
En théorie, c'est une stratégie brillante. En pratique, il est beaucoup trop tard. Actuellement, il n'est plus question de convergence ou d'entente, les négociations se sont terminées avant même d'avoir commencé. Les délégués de QS ont décidé qu'ils veulent être un adversaire électoral du Parti québécois.
Tous les partis d'opposition sont en faveur de la réforme du mode de scrutin, donc en théorie nous n'avons pas besoin d'une coalition pour enclencher la réforme s'il y a un gouvernement minoritaire. Considérant que la majorité de la Chambre jugerait que le système sur lequel elle s'est fait élire est illégitime, elle perdrait normalement toute légitimité, ce qui forcerait le déclenchement de nouvelles élections. C'est du moins ce que dicte l'éthique.
Le résultat de cette nouvelle élection serait légitime et éthique. D'autant plus que ce résultat représenterait mieux les intérêts et dynamiques de la population.
Dans ce nouveau système proportionnel mixte régional, qui tend à favoriser les coalitions, nous pourrons alors aborder cette perspective.
D'ici là, Gabriel, tu ferais bien de te rappeler ce que toi et ton parti êtes : des adversaires.
Emrick Couture-Picard, président des Jeunes péquistes de l'Estrie