Au Québec en ce moment, la moitié des personnes qui attrapent la COVID-19 ont moins de 30 ans.
Au Québec en ce moment, la moitié des personnes qui attrapent la COVID-19 ont moins de 30 ans.

Le PM lance un appel à la vigilance des jeunes

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Le premier ministre François Legault a lancé un cri du cœur aux jeunes mardi après-midi pour les amener à plus de vigilance dans leurs comportements sociaux.

« Aujourd’hui, j’ai un message particulier pour les jeunes. Je m’adresse à vous, mais pas pour vous faire la morale. Pas pour vous faire peur avec des menaces. Je veux seulement vous faire réaliser que vous faites partie de la solution.

« En ce moment, les jeunes de moins de 30 c’est presque la moitié des nouveaux cas. Ça veut dire que la contagion passe beaucoup par vous autres. Oui, vous êtes moins à risque que les plus vieux. Mais vous pouvez quand même tomber très malades et vous ramasser avec des séquelles pour le reste de votre vie. Et, si vous attrapez la COVID-19, vous risquez de la transmettre à vos grands-parents ou même à vos parents. Et là, ce sont des vies qu’on met en danger », a lancé François Legault en point de presse mardi.

Au Québec en ce moment, la moitié des personnes qui attrapent la COVID-19 ont moins de 30 ans. Toutefois les personnes qui sont hospitalisées et qui en meurent sont les personnes plus vulnérables qui l’ont attrapée d’une transmission de deuxième ou de troisième génération.

Un réel impact de la COVID chez les jeunes

Les complications liées à la COVID sont sérieuses chez les personnes présentant des facteurs de vulnérabilité, mais les personnes jeunes qui ont la COVID en ce moment ont peu de complications au Québec.

Après dix jours, elles sont considérées comme rétablies et peuvent retourner à leurs occupations régulières. Comment peut-on convaincre les jeunes que c’est une maladie sérieuse dans ce contexte?

 « D’abord, même si les jeunes ne sont pas malades, il y a quand même un impact pour eux : ils sont dix jours en isolement, ils ne peuvent pas travailler, pas aller à l’école. Il y a un impact pour leurs contacts étroits, comme leurs parents et leurs amis, qui sont en isolement pendant 14 jours. Il y a aussi un impact dans leur milieu de travail, dans leur école. Ces jeunes-là sont aussi en contact avec leurs grands-parents, avec des proches qui peuvent être plus vulnérables. Ça fait circuler le virus dans la communauté. Donc des impacts, il y en a même si les jeunes sont peu malades », explique le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Écarts en Estrie

Parlons chiffres. Depuis le début de la pandémie, 54 % des cas confirmés en Estrie sont des personnes de 0 à 39 ans. Au Québec, ce chiffre se situe plutôt à 40 % (voir tableau).

À l’inverse, 20 % des cas positifs en Estrie concernent des personnes de plus de 60 ans, alors que ce nombre bondit à 32 % pour la moyenne provinciale (voir tableau).

Les gens d’âge moyen (entre 40 et 59 ans) représentent 27 % des cas positifs en Estrie et 29 % des cas positifs confirmés au Québec.

Pourquoi un tel écart entre les jeunes et les aînés? « Dans la première vague de la pandémie, nos CHSLD ont été épargnés en Estrie. Nous n’avons pas eu d’éclosions dans les CHSLD, donc nous n’avons pas eu besoin de faire autant de dépistages qu’ailleurs dans la province. C’est ce qui explique que les cas positifs ressortent autant chez nos jeunes », explique le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier.