Les élus de Sherbrooke et des municipalités de la MRC du Haut-Saint-François ont participé à une réunion mercredi soir pour connaître le plan de redressement de Valoris.

Le plan de redressement de Valoris adopté en novembre

Le fameux plan de redressement 2019-2021 du centre de valorisation des matières résiduelles Valoris a été présenté aux élus de Sherbrooke et des villes de la MRC du Haut-Saint-François mercredi soir. Si la réunion se tenait à huis clos, la direction de Valoris organisait un point de presse jeudi pour annoncer que le plan de redressement serait adopté en novembre... sans en dévoiler le contenu.

Malgré un communiqué de trois pages et une mêlée de presse d’une trentaine de minutes, très peu d’actions concrètes ont été énumérées par le président Steve Lussier, le vice-président Robert Roy et le directeur général Denis Gélinas.

D’entrée de jeu, Robert Roy a précisé que 65 % des matières du bac noir sont recyclables (15 %) ou putrescibles (50 %). « Il y a donc une sensibilisation à faire pour mettre les bonnes choses dans le bon bac. »

Steve Lussier, lui, a rappelé qu’il souhaite obtenir les mêmes redevances que les centres de tri pour les matières détournées de l’enfouissement. Un budget de 1,476 M$ est réservé pour la mise en œuvre du plan de redressement. « Nous voulons mettre en activités nos trois lignes de tri et accomplir plusieurs recommandations de la vérificatrice générale. Je me suis engagé à ce que nous puissions moduler le plan de redressement. Nous pourrons peut-être ajouter des ressources pour nous aider aussi dans le redressement. Nous avons regardé pour être plus efficaces. Nous faisons aussi des tests avec des partenaires. »

Une copie du rapport volumineux, mais pas public pour le moment, sera acheminée au ministre responsable de la région de l’Estrie, François Bonnardel. Il aura fallu quatre mois de travail pour le rédiger. Il sera adopté officiellement d’ici deux semaines selon Steve Lussier.

Denis Gélinas, lui, précise que le remboursement de la dette, environ 44 M$, « grève la rentabilité ». Environ 43 % du budget 2020 servira à rembourser la dette. « Dans le plan de redressement, nous visons une augmentation du nombre de tonnes qui entrent ici et d’avoir accès à toutes les subventions auxquelles les centres de tri ont droit. »

« Il y a des entreprises qui se sont montrées intéressées à avoir nos matières, mais est-ce qu’elles sont intéressées à payer ? Ça, c’est une autre chose. On est en train de discuter avec elles. »

Il n’a pas été possible d’obtenir une réponse claire à savoir comment le tonnage sera augmenté alors qu’on tentera parallèlement de sensibiliser les citoyens à utiliser le bon bac pour leurs matières. À l’échelle résidentielle, Valoris traite strictement le contenu du bac noir.


« Il y a des entreprises qui se sont montrées intéressées à avoir nos matières, mais est-ce qu’elles sont intéressées à payer ? Ça, c’est une autre chose. »
Denis Gélinas

« Dans les gros événements, il y aura toujours des déchets à trier. Mais si Valoris ne reçoit plus de déchets, on va se tourner vers autre chose », dit Robert Roy.

« Selon les dernières données de Recyc-Québec, nous avons 4,7 millions de tonnes de déchets générées par la population du Québec. On est loin du zéro déchet. Ici, c’est un site moderne. Nous avons de la place pour l’agrandir. Notre objectif n’est pas d’enfouir, mais de nous donner la place pour enfouir. Si les gens mettent la bonne matière dans le bon bac, ce sera un beau problème. Nos machines vont trier ce que nous leur demanderons de trier. Nous changerons la vocation de la ligne et établir une rentabilité en fonction de ça », ajoute Denis Gélinas.

S’agit-il du plan de la dernière chance pour Valoris ? « Si ce n’était pas fait pour marcher, je ne serais pas ici. C’est un plan solide », assure Steve Lussier.

Rappelons que l’augmentation des tarifs à 237 $ la tonne en 2019 a coûté 3,5 M$ à la Ville de Sherbrooke. Ce tarif sera augmenté à 241 $ la tonne en 2020.