Au Canada, la Génération Z est composée de 7,3 millions de personnes. Et d’ici 2020, elle représentera 20 % de la main-d’œuvre mondiale.

Le plaisir avant l'argent pour les jeunes

Les jeunes de la Génération Z (nés après 1993) priorisent le plaisir et le bien-être face à l’argent et le prestige sur le marché du travail. C’est ce que démontre le rapport La génération Z du Québec et sa vision du milieu du travail publié par l’organisme Academos.

En fait, l’argent et le prestige viennent respectivement au 6e et dernier rang des 12 valeurs énumérées dans le document. Le bien-être, le climat de travail, le dépassement de soi et la soif d’apprendre viennent avant l’aspect monétaire.

Ça ne veut toutefois pas dire que les jeunes veulent d’un emploi précaire prévient Catherine Légaré, présidente fondatrice d’Academos, un organisme à but non lucratif qui a pour mission de connecter les jeunes de 14 à 30 ans avec la réalité du monde du travail.

« C’est plus la richesse qui est moins importante, précise-t-elle. Ça prend quand même une job qui va permettre de bien vivre. Oui le plaisir, mais ils ne veulent pas d’emploi qui ne permet pas de payer les factures. C’est d’être riche qui est moins important pour eux. »

Cette vision peut différer beaucoup de celle des autres générations dans certains secteurs.

« Ça clash avec une certaine vision du monde du travail où les employeurs vont garder leurs employés en augmentant leur salaire, explique Mme Légaré. De nos jours, il y a comme un seuil où il n’y a plus vraiment de différence. Mais il y a des jeunes qui vont continuer de carburer à ça. »

Au Canada, la Génération Z est composée de 7,3 millions de personnes. Et d’ici 2020, elle représentera 20 % de la main-d’œuvre mondiale selon le rapport qui a sondé 1268 jeunes Québécois.

« Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas travailler »

À la question de quelles caractéristiques ils recherchent chez un patron, les jeunes de la génération Z placent la conciliation entre le travail et la vie personnelle tout en haut de la liste. 

« Ça ne veut pas dire qu’ils ne veulent pas travailler, avertit Mme Légaré en mentionnant que cette opinion est partagée par beaucoup de gens sur le marché du travail. La place que prend le travail n’est plus la même. La réussite de la vie n’est pas la réussite au travail. Dans ce rapport, j’entends des gens qui veulent juste mettre leur limite différemment et qui seront très présents et donneront tout ce qu’ils peuvent pendant qu’ils seront au travail, mais à 5 h, ils ont d’autres choses à faire. »

L’autonomie accordée aux employés et l’ouverture aux nouvelles idées ressortent aussi avantageusement dans les caractéristiques recherchées chez un patron.

Stress et anxiété

Malgré la pénurie de main-d’œuvre et l’important nombre d’emplois disponibles un peu partout, les jeunes vivent beaucoup d’anxiété selon le rapport alors que pas moins de 98 % des répondants affirment éprouver des inquiétudes face au marché du travail.

Si elle admet que le stress envers un futur emploi est normal et est vécu par toutes les générations, Catherine Légaré estime « qu’il ne faut pas penser que les jeunes l’ont facile ».

« Souvent avec nos lunettes d’adultes, on pourrait penser qu’avec la pénurie de main-d’œuvre que les jeunes ne devraient pas vivre de stress, mentionne-t-elle. Leur stress n’a pas rapport à ça, leur stress est causé par la peur de ne pas trouver un métier qui les anime ou dans lequel ils vont se réaliser. »

Les jeunes de la génération Z semblent aussi ne pas se sentir prêts pour leur entrée dans le monde professionnel. Plus de la moitié des répondants au sondage (52 %) estiment que l’école les a mal préparés au marché du travail.

Le rapport fait aussi ressortir une tonne d’information. La Génération Z est notamment attirée en grand nombre vers l’entrepreneuriat. Près des trois quarts des répondants au sondage (74 %) s’intéressent à des professions traditionnelles plutôt qu’à des professions émergentes. De plus, seuls 17 % des répondants préféreraient travailler pour une grande entreprise que pour une petite ou une moyenne entreprise. Et finalement, bien que les avantages « à la Google » comme des tables de ping-pong soient attirants pour 59 % des répondants, une proportion bien plus importante d’entre eux (95 %) souhaitent que l’entreprise qui les emploient offre des avantages sociaux intéressants.

Cliquez ici pour télécharger le rapport complet.