Donald Trump
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«Le pire scénario qu’on pouvait imaginer», dit Me Rancourt

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Depuis sa résidence de Newport, au Vermont, le criminaliste Jean-Pierre Rancourt suit avec attention le déroulement du vote à la présidence des États-Unis. Et ce qu’il observe depuis mardi soir ne lui plaît pas du tout.

Le fait que ni Biden ni Trump n’ont encore été déclarés vainqueurs va engendrer un climat de tension qui risque de dégénérer à travers tous les États-Unis, craint l’avocat qui habite au Vermont depuis une vingtaine d’années et qui possède la double citoyenneté canado-américaine.

« C’est le pire scénario qu’on pouvait imaginer. Les sondages se sont encore trompés. Trump a déjà commencé à jeter de l’huile sur le feu. Il va crier à la fraude et à l’injustice. Le pays va être encore plus divisé. Et tout ça va se ramasser devant les tribunaux. Ça va être affreux!» prédit Jean-Pierre Rancourt.

Me Jean-Pierre Rancourt

Tout comme 66% des électeurs du Vermont, Jean-Pierre Rancourt a voté faveur du candidat démocrate Joe Biden, mardi. Un résultat qui concorde avec l’appui que le candidat démocrate a obtenu de la part des supporters du sénateur Bernie Sanders.

« Personnellement, je ne pouvais pas voter pour Trump. Avec toutes ses frasques et ses tweets. Pour moi, ce gars-là, ce n’est pas un président, c’est un fou… »

Même si Donald Trump n’a recueilli que 31% du vote au Vermont, ce dernier peut néanmoins compter sur des supporters hauts en couleur, qui n’hésitent pas à se manifester lorsqu’ils en sentent le besoin.

« On les a vus se promener cet été dans les rues de Newport et à la marina. Ils étaient près d’une centaine avec des drapeaux, des pancartes et des trompettes. Ils sont capables d’être visibles et bruyants. »


« Pour elle, comme pour plusieurs personnes qui possèdent une entreprise, ils ont une peur bleue du ‘socialisme’ que représentent les démocrates. »
Jean-Pierre Rancourt

Cette division Trump-Biden, Jean-Pierre Rancourt dit la vivre quotidiennement au sein même de son couple et de sa belle-famille… de façon plus civilisée.

« Ma femme Dena (Gray), qui est dans les affaires depuis plusieurs années, a voté pour Trump. Pour elle, comme pour plusieurs personnes qui possèdent une entreprise, ils ont une peur bleue du ‘socialisme’ que représentent les démocrates avec plus de taxes, plus de règlementation. 

« Ce qu’ils veulent, c’est de pouvoir faire des affaires sans avoir continuellement le gouvernement dans les jambes. »

Dépenses et déficits

Née au Vermont de parents québécois, Nicole Pouliot s’accroche à une victoire de Donald Trump au cours des prochaines heures.

« Ici, au Vermont, tout le monde vote démocrate… sauf moi, dit-elle en riant. Même si je savais que Trump n’avait aucune chance de gagner ici, j’espère quand même qu’il va gagner dans le reste du pays. »

Selon elle, Donald Trump est le seul candidat qui peut relancer l’économie du pays en temps de pandémie. « Les démocrates ne savent faire qu’une chose : dépenser et faire des déficits», dit-elle en se promettant de suivre attentivement l’évolution de la situation au cours des prochains jours.