Wadie Jaafar révèle que son fils Mohamed se porte mieux depuis qu’il a subi une seconde greffe de moelle osseuse à Philadelphie l’hiver dernier.

Le petit Mohamed remonte la pente

L’épreuve que traverse de la famille Jaafar, à Orford, n’est pas encore finie. Toutefois, après des heures très sombres l’automne dernier, les parents vivent à nouveau d’espoir puisque leur quatrième enfant, Mohamed, montre des signes encourageants depuis sa seconde greffe de moelle osseuse, reçue à Philadelphie aux États-Unis en février.

La Tribune a rendu visite à Mohamed, âgé de trois ans, et son père, Wadie, cette semaine. Lors de la visite du quotidien au domicile de la famille Jaafar, l’enfant s’amusait sans relâche et paraissait en forme. Le père, quant à lui, affichait une bonne humeur empreinte de résilience.

« Mon fils est en rémission de sa leucémie en ce moment. Il va bien. Il a droit à un bon suivi de la part des médecins, mais il faut qu’on attende entre six et 12 mois avant de savoir comment ça se passe exactement. Je suis très confiant que ça ira bien, même si j’ai une petite peur que je combats constamment », explique le père du bambin.

L’année 2018 s’était bien mal terminée pour la famille Jaafar. Onze mois après sa première greffe, Mohamed avait effectivement fait une rechute. Aucune autre avenue ne s’offrait alors à la famille. Les parents étaient dévastés.

« On est rentré chez nous sans option. C’était très difficile. Puis, finalement, on nous a annoncé le 27 décembre dernier qu’il y avait une possibilité du côté de Philadelphie, où on a pu lui faire une greffe à partir de ses propres cellules » , raconte Wadie Jaafar.

Mohamed est demeuré 45 jours au Children Hospital de Philadelphie en compagnie de sa mère, Emna Ben Farah. Maman et fiston sont revenus à la maison au début du mois d’avril. La famille a discrètement célébré le troisième anniversaire du bambin dans les jours qui ont suivi.

Présentement, Mohamed est de retour au Children Hospital, pour lequel son père n’a que de bons mots, afin d’effectuer une batterie de tests. Il s’est également rendu à l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal, à quelques reprises, durant les dernières semaines, pour des tests et des soins.

Tenir bon

Comme si la maladie de son fils n’était pas suffisante, Wadie Jaafar a perdu son père, Anouar, cet hiver. Il s’est rendu à ses funérailles, en Tunisie, seul. Il a pris l’avion pour aller en sol tunisien et est rentré aussitôt.

Wadie Jaafar s’est par surcroît beaucoup occupé de ses trois filles pendant que sa conjointe et son jeune fils se trouvaient aux États-Unis. Il sait cependant que sa conjointe a été confrontée à une routine plus angoissante encore pendant cette période, étant donné qu’elle avait à discuter constamment avec le personnel soignant, à Philadelphie, et à soutenir son fils dans l’épreuve.

« Ma femme a été très courageuse à Philadelphie, affirme-t-il. L’anglais n’est évidemment pas sa langue maternelle, mais elle s’est améliorée à force de parler avec les gens là-bas. Heureusement, le Children Hospital offre un bon encadrement. C’est sûr que ça l’a aidée. »

Il salue par ailleurs le soutien accordé à deux de ses filles, en l’occurrence Lilia et Yasmine, par l’école Brassard — St-Patrice, à Magog. « Les professeurs sont incroyables. Ils ont compris notre situation », lance-t-il.

Ajoutons que des voisins des Jaafar ont aussi apporté un soutien inestimable à ces derniers en réalisant des travaux qui leur ont permis de conserver leur maison à Orford en 2017. Enfin, la Fondation Christian Vachon et Leucan demeurent des alliés de la famille.

Une solution pour la pénurie de personnel

 En raison de la situation que vit sa famille, Wadie Jaafar ne travaille pas depuis plusieurs mois et il ne prévoit pas retourner au travail avant un bon moment encore. Il a néanmoins décidé de créer une petite entreprise afin d’obtenir certains revenus, tout en travaillant à son propre rythme.

« Je ne peux pas travailler à temps plein, en ce moment, avec tout ce qui nous arrive, affirme-t-il. J’ai obtenu une année de congé sans solde, mais j’ai pensé que je pourrais quand même lancer un projet que je réaliserais selon un horaire variable. Je me suis dit que le recrutement de main-d’œuvre à l’étranger serait une bonne idée, compte tenu de la pénurie de personnel qu’on observe au Québec présentement. »

Plus précisément, Wadie Jaafar souhaite aider des organisations québécoises à recruter de la main-d’œuvre en Tunisie, son pays d’origine. « Il y a des tas de gens avec des diplômes importants dans ce pays. C’est le temps d’attirer des talents provenant de là-bas, surtout qu’on sent plus d’ouverture de la part du gouvernement pour le recrutement à l’extérieur », explique-t-il.

À son avis, le Québec a beaucoup à offrir aux Tunisiens. Et ces derniers ont pratiquement tout pour être appréciés par les employeurs québécois. « Ce sont des gens fidèles et compétents. »

Wadie Jaafar a l’intention de partir en Tunisie avec des employeurs à la recherche de personnel au cours des prochaines semaines ou mois. Il promet de leur dénicher des travailleurs qui feront leur bonheur.

« Il y a des soudeurs, des cuisiniers, des mécaniciens, entre autres, à la recherche de travail en Tunisie. Je m’assure de vérifier les antécédents, la santé et les questions liées à la sécurité avant les embauches. Et je garantis que le travailleur engagé fera réellement l’affaire. »