Le patient au centre de projets sur la qualité des soins

À l'ère des médias sociaux, les risques de bris de confidentialité augmentent. Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS est confronté à cette réalité alors qu'en 2015-2016, 25 bris de confidentialité ont été rapportés au bureau du Commissaire aux plaintes et à la qualité des services.
Il existe de nombreux moyens pour les intervenants de briser la confidentialité. Deux médecins pourraient par exemple parler d'un patient dans l'ascenseur ou à la cafétéria - tout en le nommant par son nom. Une préposée pourrait croiser sa tante qui est à un rendez-vous à une clinique externe et téléphoner à sa mère pour l'en aviser. Ou encore, une infirmière pourrait raconter sur sa page Facebook un événement difficile vécu avec un patient en donnant suffisamment de détails pour qu'il soit reconnaissable.
Tous ces exemples sont inacceptables et peuvent mener à des mesures disciplinaires allant de la sensibilisation au congédiement.
« La promotion de la confidentialité et de la sécurité des informations de santé doit être présente en continu afin de contribuer à appliquer au quotidien les mesures nécessaires », explique Line Ménard, coordonnatrice des Archives, accueil et admission.
Un vidéo sera produit afin de sensibiliser les 17 000 employés et médecins du CIUSSS à l'importance de respecter la confidentialité à laquelle les patients ont droit.
Et ce vidéo sera produit grâce à une subvention de 5700 $ offerte par le Fonds Brigitte-Perreault de la Fondation du CHUS.
C'est en effet vendredi matin que le Fonds Brigitte-Perreault dévoilait les six projets qui reçoivent cette année une aide totalisant 89 770 $ pour améliorer la sécurité, la qualité et l'humanisation des soins et services au CHUS.
« L'usager est placé au premier plan grâce à tous ces projets rendus possibles grâce au Fonds Brigitte-Perreault », s'est réjoui Bruno Petrucci, directeur de la qualité, évaluation, performance et éthique au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.
Le Fonds a aussi octroyé une somme de 50 000 $ pour permettre le démarchage de deux projets majeurs qui seront chapeautés par le Dr Pierre Charron.
« Le premier projet vise à améliorer l'ensemble des soins offerts aux personnes en fin de vie et leurs accompagnateurs pour les gens qui souhaitent vivre leur fin de vie à domicile », explique le Dr Gilles Faust, responsable du comité de coordination du Fonds Brigitte-Perreault, ce fonds créé en mémoire de cette jeune gastro-entérologue qui s'est éteinte d'un cancer en 2004.
Le second projet vise plutôt la promotion de l'approche adaptée à la personne âgée. « La population vieillit. Le projet touche les personnes âgées relativement autonomes qui doivent être hospitalisées pour un épisode de soins aigus. On peut prendre l'exemple classique de la personne qui fait une chute et se casse une hanche. Pendant sa trajectoire de soins aigus, elle recevra d'excellents soins, mais ensuite, comment on peut aider les gens à revenir dans leur milieu? On fait déjà beaucoup dans la réadaptation et le soutien à domicile, mais malgré ça, il y a encore des morceaux qui nous échappent », ajoute le Dr Faust.
Par ailleurs, un projet visant à accroître l'implication des patients et des familles et à améliorer la qualité et la sécurité des soins à l'unité AVC a aussi reçu un financement de 2700 $.
Un autre projet vise à sensibiliser l'ensemble des acteurs du CIUSSS de l'Estrie-CHUS aux accidents qu'il faut prévenir et les documenter quand ils arrivent. Le projet sera financé pour 10 000 $.
Enfin, un projet recevra 8850 $ pour informer davantage les proches des usagers sur la recherche qui se fait aux soins intensifs. En effet, en octobre 2016, Agrément Canada a identifié la recherche aux soins intensifs comme une des forces menant à l'amélioration directe de la qualité des soins.
Le Fonds a finalement remis cinq bourses Rachel Bujold, des bourses de 2500 $ remises à des résidents qui ont présenté des projets visant l'amélioration de la qualité de l'acte médical.