Le Partage Saint-François demeure en attente d’une réponse du CIUSSS de l’Estrie-CHUS sur le financement des services en itinérance en cas d’un nouveau confinement.
Le Partage Saint-François demeure en attente d’une réponse du CIUSSS de l’Estrie-CHUS sur le financement des services en itinérance en cas d’un nouveau confinement.

Le Partage Saint-François réclame une garantie de financement avant la 2e vague

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Sherbrooke — Le Partage Saint-François craint la rupture de certains services en cas de deuxième vague de la pandémie de la COVID-19 si le financement demandé n’est pas au rendez-vous.

Le directeur général de l’organisme Sébastien Laberge soutient que le Partage Saint-François demeure en attente d’une réponse du CIUSSS de l’Estrie-CHUS sur le financement des services en itinérance en cas d’un nouveau confinement.

« Nous avons adressé une demande et notre questionnement à la fin mai. Nous restons dans l’incertitude dans le cas d’une deuxième vague. Nous n’avons pas la même capacité financière d’absorber les frais d’un autre confinement. Nous n’avons plus de liquidité et ça pourrait mettre en péril notre organisation. Nous savons ce que ça coûte, alors nous demandons simplement au CIUSSS de nous donner les garanties qu’ils pourront nous supporter », indique M. Laberge.

Le Partage Saint-François avait réussi le tour de force de garder en confinement 50 personnes habituées à être libres de leurs allées et venues et devant composer avec des problèmes de consommation, de santé mentale ou les deux, le printemps dernier.

Durant la période du 7 avril au 8 mai, plus de 2300 dépannages alimentaires ont aussi été servis. En plus des personnes gardées en confinement, ce sont entre 50 et 80 personnes qui s’y présentaient chaque jour et l’aire de repos sous le chapiteau qui a été utilisée à 440 reprises.

Le confinement du printemps dernier a coûté 5000 $ de plus par semaine au Partage Saint-François.

Étant donné ces services essentiels de première ligne auprès de la population itinérante, le Partage Saint-François a vu son déficit opérationnel être épongé par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec ainsi qu’avec des dons des députés de la région.

« Fermer notre magasin nous prive d’une partie importante de nos revenus. En cas de nouvelle fermeture, nous n’aurons plus les reins assez solides. Je ne peux garantir le maintien de tous les services sans mettre en péril la pérennité du Partage Saint-François. Pour le moment, nous sommes dans l’incertitude », explique M. Laberge.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a répondu à La Tribune qu’il ne pouvait commenter la situation de l’itinérance cette semaine.

Tout comme le Partage Saint-François, la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue constate que les effectifs des organismes communautaires qui ont assuré les services essentiels le printemps dernier lors du confinement sont fatigués.

« Nous n’avons jamais arrêté. Le niveau d’énergie pour se redéployer dans un contexte extraordinaire n’est pas à son maximum. C’est quelque chose qui demeure préoccupant » soulève Étienne Bélanger-Caron.

Il assure cependant que plusieurs discussions se déroulent entre les organismes pour mieux organiser les services en cas de deuxième vague.