La chute du nombre d’étudiants internationaux touche surtout ceux qui s’inscrivaient pour la première fois, note Jean Goulet, vice-recteur aux ressources humaines et aux relations internationales.
La chute du nombre d’étudiants internationaux touche surtout ceux qui s’inscrivaient pour la première fois, note Jean Goulet, vice-recteur aux ressources humaines et aux relations internationales.

Le nombre d'étudiants internationaux chute de près de 30 % à l’UdeS

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
L’Université de Sherbrooke connaît une baisse de près de 30 % de ses étudiants internationaux par rapport à l’année dernière, selon les données fournies par l’institution. Quelque 370 étudiants ont néanmoins décidé de suivre leur programme de formation à l’étranger.

Cette diminution (28,8 %) touche principalement les cycles supérieurs. « C’est assez critique dans certains domaines où les étudiants internationaux constituent une plus grosse part de la cohorte. Je pense à certaines sections en génie, où ces étudiants doivent venir », commente Jean Goulet, vice-recteur aux ressources humaines et aux relations internationales.

L’institution souligne avoir reporté l’admission de plusieurs étudiants internationaux lorsque ce n’était pas possible de mettre en place des modalités d’enseignement à distance, par exemple en cas de formation pratique.  

Cette chute importante des étudiants internationaux ne surprend pas Jean Goulet. 

« Avec la fermeture des frontières, c’était inévitable. Ceux que l’on a pu récupérer, c’était ceux qui avaient déjà un permis d’étude et surtout ceux qui étaient restés ici et qui ont pu poursuivre dans une deuxième année. Ce sont des nouveaux étudiants que l’on a perdus dans le fond, ce ne sont pas les étudiants que l’on avait déjà », commente-t-il en soulignant que si les frontières terrestres sont fermées, les frontières aériennes sont restées « relativement ouvertes ». 

« Le 21 octobre, le Canada a rouvert l’accès aux permis d’études, mais c’est une assez grosse opération. On a environ 1000 étudiants que l’on essaie de contacter pour voir là où ils en sont », note-t-il en soulignant que des milliers de demandes de permis d’étude sont en attente au gouvernement du Canada. 

« Enjeu important »

« Il reste que c’est un enjeu important. On pouvait faire de l’enseignement à distance sans qu’il ait besoin de papier formel, mais pour qu’ils puissent venir, ils doivent avoir le permis d’étude. C’est ce qu’on est en train de vérifier avec eux. On a contacté nos 1000 étudiants, et on commence à avoir de l’information. C’est une bonne proportion qui veut venir à l’hiver. » La session d’hiver doit commencer le 11 janvier à l’UdeS, un échéancier qui viendra rapidement, note M. Goulet.  

L’UdeS compte 1247 inscriptions d’étudiants internationaux pour l’automne 2020. 

En dépit du contexte, 444 d’entre eux ont tout de même décidé de s’inscrire dans un nouveau programme afin d’entreprendre leur formation. Du nombre, 250 se trouvent à l’extérieur du pays. 

Comme la date des abandons pédagogiques se situe entre le 15 et le 20 novembre, il est encore trop tôt pour tracer le portrait des abandons. En outre, l’impact financier n’est pas encore connu. « Tout va dépendre de l’arrivée d’hiver. On a commencé à mesurer ça. »

Difficile, également, de mesurer les impacts qu’aura cette situation sur la recherche et l’expertise développée. « Il ne faudra pas les retarder pendant deux ans. Mais les retarder d’une ou deux sessions, je pense que c’est encore jouable. Ils tiennent à leur projet. » 

Soutenir les étudiants à distance comporte son lot de défis. « Aider quelqu’un à distance, ce n’est pas évident, surtout que la situation dans les pays varie. En France, par exemple, ils ont beaucoup confiné et il y a beaucoup de services qui n’existent plus. On essaie au moins qu’il reste en contact ici avec les responsables de programmes dans lesquels ils viennent pour bien se préparer. On fait tout ce qu’on peut, mais il y a des limites à ce qu’on peut faire, le processus appartient au gouvernement fédéral. »