Les convois de la compagnie de chemin de fer Saint-Laurent & Atlantique passent par le centre-ville de Sherbrooke.

Le mystère autour du déraillement inquiète la conseillère L’Espérance

« S’il y a des choses que nous pouvons faire de notre côté pour prévenir les accidents, mieux vaudrait que nous sachions la cause de ce déraillement. »

La conseillère municipale Chantale L’Espérance se dit inquiète du peu de transparence auquel on assiste depuis le déraillement de wagons de la compagnie de chemin de fer Saint-Laurent & Atlantique, en mai 2017 au centre-ville de Sherbrooke.

Lire aussi: Déraillement au centre-ville: la cause est «confidentielle»

La compagnie ferroviaire a pu identifier la cause de l’accident, mais elle refuse de la divulguer publiquement. Rappelons que c’est la présence d’une mystérieuse « tierce partie » dans le dossier qui oblige qu’on retienne l’information, a avancé l’entreprise lorsque jointe par La Tribune récemment.

« Que la cause ne soit pas rendue publique, c’est un peu particulier, note Mme L’Espérance. Les convois de cette compagnie circulent sur le territoire de Sherbrooke après tout. Les déraillements peuvent arriver. Est-ce que c’est un mauvais entretien? Le mauvais état des rails? Surtout après ce qui est arrivé à Lac-Mégantic, même si le contexte est un peu différent. »

« C’est inquiétant, mais ce n’est quand même pas dramatique. Ces trains roulent au centre-ville de Sherbrooke depuis plusieurs années et il ne se passe pas beaucoup d’accidents. »

Selon elle, les autorités sherbrookoises en sécurité publique devraient avoir été mises au courant de la cause de ce déraillement.

Chantale L’Espérance

La conseillère municipale souhaite aussi qu’on informe plus adéquatement les autorités du contenu des wagons qui circulent dans les villes. « Nous ne savons pas encore très bien ce qu’il y a dans les convois », dit-elle.

« Il peut y avoir des matières dangereuses. Ce n’est pas toujours très clair. »

Deux wagons d’un convoi de la compagnie ferroviaire avaient déraillé au centre-ville de Sherbrooke le 1er mai 2017. Ils se sont renversés alors qu’ils circulaient sur la voie ferrée située sur la rue Aberdeen, entre les rues des Grandes-Fourches et du Dépôt. Par chance, il n’y avait pas de matière dangereuse dans les wagons. L’un des wagons transportait du bois, l’autre des billes de plastique. Le trafic ferroviaire avait pu être rétabli rapidement.

Estrie-Aide

Des employés de l’organisme Estrie-Aide avaient entendu le bruit de l’accident survenu dans un secteur où se trouvent plusieurs commerces et organismes ainsi que des immeubles d’habitation.

Joint à ce sujet, Claude Belleau, directeur général de l’organisme, déplore l’opacité qui entoure les causes de ce déraillement. « Un mois après, on devait être informés des causes. Un an après, on ne sait rien », lance-t-il.

« Les wagons étaient presque tombés dans notre cour. Chez Estrie Aide, nous avons 65 employés. Ils se posent des questions. Comme employeur, nous devons assurer leur sécurité. »

Le risque zéro n’existe pas, convient le gestionnaire, mais la voie ferrée passe dans un secteur habité densément et qui comprend plusieurs commerces. En cas de déversement de matières dangereuses lors d’un éventuel déraillement, on devra évacuer plusieurs personnes.

« Il n’est pas question de demander de retirer le chemin de fer. Mais c’est de savoir ce qui est arrivé et quels sont les correctifs apportés », clame-t-il.

« Je pense que plusieurs gens d’affaires qui ont des commerces le long de cette voie ferrée aimeraient le savoir. »