L’assemblée de création du Mouvement québécois des minimaisons s’est tenue samedi à Sherbrooke.

Le Mouvement des minimaisons est né

Les Québécois intéressés par la vie en minimaison ont maintenant un organisme auquel se rattacher : le Mouvement des minimaisons a tenu son assemblée de création samedi à Sherbrooke.

C’est Benoît Tremblay, propriétaire de l’entreprise Vivre en MINI, située à Alma, qui occupera la présidence du Mouvement. « Les gens ont le rêve d’habiter en minimaison. C’est un fantasme qui semble impossible à réaliser, mais on veut s’arranger pour qu’ils puissent avoir accès à des hypothèques, que leur projet soit assurable, taxable et accepté de la population », résume-t-il.

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Benoît Tremblay, propriétaire de Vivre en MINI et président du Mouvement des minimaisons

L’un des chevaux de bataille du regroupement sera notamment de faire adapter le Code du bâtiment ainsi que les réglementations municipales pour permettre la construction aisée de ce type de maison.

« D’après moi, l’idéal serait de faire des modifications au niveau provincial, sinon c’est un combat renouvelé dans chaque municipalité », soulignait d’ailleurs Guillaume Lessard, administrateur du Mouvement, qui réalise aussi un doctorat sur les habitations écologiques à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). Celui-ci croit que la construction de minimaisons sur des terrains comprenant déjà une maison, par exemple pour favoriser un arrangement intergénérationnel en banlieue, aiderait à combattre l’étalement urbain par une « densification douce ».

Pas une mode

Martin Saindon, qui fait partie des administrateurs du Mouvement, a parlé de samedi comme d’une journée « historique » pour tous ceux qui sont intéressés par ce mode de vie. « Pour nous, ce type de construction n’est pas une mode, c’est un réel besoin », a-t-il affirmé, citant notamment les préoccupations environnementales et l’accès à la propriété comme facteurs de motivation pour la vie en minimaison. « Le public est vaste : on parle de jeunes couples autant que de retraités. Avec l’augmentation du coût des maisons et les demandes de 20 % de mise de fonds, ça devient une option intéressante. Une minimaison, c’est aussi une minidette », affirme l’ex-maire de Dixville, une municipalité où un projet de développement de minimaisons est en cours.

Martin Saindon, ex-maire de Dixville et administrateur du Mouvement des minimaisons

Ursule Thériault, ex-mairesse de L’Isle-Verte et vice-présidente du Mouvement, abonde dans le même sens, et y voit aussi une façon de développer la ruralité.

« Chez nous, des PME embauchent des gens au salaire minimum. Ça ne permet pas l’accès à la propriété. Et on constate que dans la génération derrière nous, l’american dream d’avoir une automobile et une maison est en train de s’inverser », dit-elle, soulignant que les villégiateurs peuvent aussi être intéressés par le concept.

Ursule Thériault, ex-mairesse de L'Isle-Verte et vice-présidente du Mouvement des minimaisons

L’assemblée a réuni 120 personnes au centre Julien-Ducharme. Rappelons que Sherbrooke comptera le premier quartier de minimaisons en milieu urbain au Québec, sous la forme d’une coopérative.