Le cancer est réapparu, en petite quantité, sur deux ganglions de Marc-André Skelling qui se bat depuis près de six ans contre la maladie de Hodgkin.

Le monde de Marc-André Skelling s'assombrit

En juillet dernier, Marc-André Skelling et ses proches se réjouissaient, car le cancer du jeune homme d'East Angus, atteint de la maladie de Hodgkin, s'était complètement endormi. Celui qui se bat pour sa vie depuis bientôt six ans pouvait rêver à l'avenir. Mais vendredi passé, lorsque Muguette Skelling a accompagné son fils au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) pour avoir les résultats de son dernier scan, son monde s'est assombri une fois de plus. Dans le temps de le dire. Dire ces quelques mots : des traces de cancer ont été détectées.
« Pauvre petit homme. Son oncologue, le Dr Castilloux, a mentionné que le cancer était actif dans deux de ses ganglions. Alors Marc-André devra probablement commencer une série de traitements de radiothérapie. Son docteur lui a dit que les traces cancéreuses étaient minimes, mais elles ne sont plus censées être là. Alors ça a démoli Marc-André. Et nous aussi. J'ai comme une rage au coeur », raconte sa mère.
Depuis plus d'un an, Marc-André Skelling reçoit un traitement expérimental qui provient des États-Unis et qui n'est pas encore reconnu par Santé Canada. Ce traitement expérimental a pour fonction non pas de guérir le patient, mais plutôt « d'endormir le cancer » qui l'afflige afin de prolonger sa vie.
« En avril, le plus jeune des deux frères de Marc-André aura un bébé, le premier petit-enfant de la famille. Et les frères de Marc-André lui ont toujours dit qu'il serait le parrain de leur premier-né. Alors, on lui dit de s'accrocher à cette idée, que cette naissance lui donnera l'énergie pour poursuivre la bataille », note Mme Skelling, ajoutant que son fils lui a avoué qu'il était fatigué, mais qu'il continuerait de se battre.
Lors de la rencontre de vendredi dernier, Marc-André a été moins surpris que sa mère d'entendre ce mot maudit, cancer. En fait, son médecin lui avait parlé, juste avant Noël, d'une première trace cancéreuse réapparue.
Marc-André, voulant préserver les gens qui l'aiment et qui l'accompagnent dans son combat des six dernières années, n'a pas voulu les inquiéter lorsqu'une première présence de cancer s'est manifestée. Pour que le temps des fêtes des membres de sa famille soit rempli de joie, exempt d'angoisse. Un geste posé par amour, une volonté de protéger les siens.
« Il a voulu nous ménager. Et voir sa famille démolie, c'est certain que ça ajoute à sa peine et son angoisse. Il est fort, mais des fois, c'est difficile. Une chance qu'on est une famille tissée serrée. Et là, on lui a dit de toujours tout nous dire. On lui relèvera les manches, s'il manque de force, et on va foncer tête première avec lui vers l'avant », ajoute la mère de Marc-André, qui s'est promis de ne pas pleurer devant son fils.
Au cours des prochaines semaines, le jeune homme de 26 ans poursuivra son traitement expérimental provenant des États-Unis. Il sera aussi président d'honneur de la collecte de sang organisée le 5 avril au Centre de formation professionnelle Lennoxville.
« Toute la famille ira donner du sang. Même si Marc-André n'a pas trouvé de donneur lorsqu'une greffe était envisageable, le sujet lui tient à coeur. Et sinon, on a très hâte de lui mettre le bébé de son frère dans les bras », conclut Mme Muguette, qui souhaite que sa famille se concentre sur la vie, plutôt que sur la fatalité.