« Au niveau du Canada, on n'intervient pas sur les directives données aux douaniers américains (...), mais ce qui se passe mérite assurément une discussion avec le secrétaire à la Sécurité intérieure », a commenté mercredi la députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international et de la Francophonie Marie-Claude Bibeau.

Le ministre Goodale saisi du dossier de Yassine Aber

Le bureau du ministre canadien de la Sécurité publique Ralph Goodale a été saisi du dossier de l'athlète Yassine Aber ainsi que des préoccupations de l'Université de Sherbrooke quant à l'apparent resserrement de l'accès à la frontière américaine.
« Au niveau du Canada, on n'intervient pas sur les directives données aux douaniers américains (...), mais ce qui se passe mérite assurément une discussion avec le secrétaire à la Sécurité intérieure », a commenté mercredi la députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international et de la Francophonie Marie-Claude Bibeau.
« M. Goodale ne peut pas faire office d'ombudsman pour Yassine, mais il s'est assuré que toutes les informations sur son dossier lui sont parvenues. Le suivi sera fait sur des questions de principes et de procédures », a ajouté Mme Bibeau qui a pu s'entretenir à ce sujet de façon « informelle » avec son collègue mardi.
Yassine Aber est cet étudiant de l'Université de Sherbrooke qui a été refoulé au poste frontalier de Derby Line (Stanstead), jeudi dernier, alors qu'il était en route vers une importante compétition à Boston avec cinq autres athlètes du Vert & Or et leur entraîneur.
Né au Québec de parents marocains et détenteur d'un passeport canadien valide, Yassine Aber a été longuement interrogé sur sa religion et sur ses relations avec Samir Halilovic, un ancien étudiant de l'UdeS parti combattre en Syrie en 2014 avec deux autres Sherbrookois. Il a dû fournir ses empreintes digitales, ainsi que son code de téléphone cellulaire.
En entrevue lundi, la direction de l'Université de Sherbrooke a dit sa préoccupation de voir d'autres membres de la communauté universitaire, étudiants ou professeurs, subir le même traitement, eux qui devraient pouvoir circuler librement aux États-Unis dans le cadre de leur carrière ou de leur formation, a-t-elle plaidé.
La ministre Bibeau n'a pas voulu commenter spécifiquement le cas de Yassine Aber mercredi. Ni faire de lien avec le décret adopté deux semaines plus tôt par le président américain Donald Trump interdisant pour trois mois l'entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays arabo-musulmans.
Elle précise que le ministre Goodale était déjà au courant de la situation de Yassine Aber et que d'autres cas ont été signalés ailleurs au pays, mais aucun à son propre bureau de la circonscription de Compton-Stanstead.
Sur le fait que le ministre Goodale n'a pas abordé la question, lundi, alors qu'il était de la délégation à Washington pour la première rencontre officielle entre le premier ministre canadien Justin Trudeau et son homologue américain Donald Trump, elle assure que chaque chose viendra en son temps.
Elle conseille aux citoyens de la région qui s'estiment lésés ou injustement traités à la frontière de se faire connaître à ses bureaux, et d'entreprendre leurs propres démarches avec le département de sécurité intérieure des États-Unis. « Car ce n'est pas nous qui allons faire renverser la situation, bien évidemment. »
Quant aux inquiétudes soulevées par l'UdeS, Mme Bibeau précise avoir mis l'institution en relation avec le bureau de M. Goodale « pour voir les différentes procédures possibles pour faciliter le passage à la frontière » des Sherbrookois souvent appelés aux États-Unis. Par exemple le programme de préautorisation NEXUS pour les voyageurs à faible risque, avance-t-elle.
Est-ce que tout cela permettra à Yassine Aber de se rendre à son prochain entraînement en sol américain en avril prochain? « Ça va être traité rapidement », se limite à répondre la ministre Bibeau.