Christian Gauthier est directeur des programmes déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le milieu est exigeant et complexe, affirme le CIUSSS de l'Estrie

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS est consciente que le travail dans ses résidences en assistance continue (RAC) est « exigeant ». « C’est très complexe comme milieu », soutient Christian Gauthier, directeur des programmes déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Quand on lui parle d’employés qui sont régulièrement griffés ou agrippés par les cheveux, entre autres exemples, M. Gauthier reconnait que « oui, ça arrive ».

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« Dès l’embauche, les gens savent dans quoi ils s’embarquent. Ils sont informés, dès le départ, que c’est un milieu exigeant, et c’est un choix qu’ils font d’aller y travailler », ajoute-t-il.

Pour toute la direction qu’il dirige, ce sont 239 formulaires de déclaration d’accidents et d’incidents qui ont été produits pour l’année financière 2017-2018, dont une majorité dans les RAC, « mais ils ne sont pas tous en lien avec des agressions des usagers », précise M. Gauthier.

Il y a une quinzaine d’années, il y avait encore une quinzaine de RAC en service sur le territoire de l’Estrie. Il n’en reste plus que six, donc les clientèles qui y sont hébergées sont plus ciblées et plus lourdes. Les bâtiments qui hébergent les six RAC restantes ont besoin d’entretien, soutient M. Gauthier. Y a-t-il des plans pour faire des travaux importants rapidement? « On suit nos travaux, on travaille sur l’amélioration des bâtiments avec des éléments qui favoriseraient la sécurité, c’est sûr », dit-il.

« Pour les RAC qui restent, il faut s’assurer qu’ils soient adéquats et c’est là-dessus qu’on travaille, on voit ce qu’il faudrait sécuriser davantage. On sait qu’il y a des choses à améliorer. Ce sont des bâtiments qui se détériorent, soit par les usagers eux-mêmes, soit par l’âge des bâtiments. Mais le minimum est là : s’il fallait sécuriser les fenêtres, s’il fallait visser les tables, s’il fallait deux épaisseurs de gypse, c’est là », assure-t-il.

Pour stabiliser les équipes, différentes mesures ont été mises en place, dont l’embauche d’une vingtaine de surveillants d’établissement formés. « On a aussi sécurité des "surcroîts de travail" pour offrir des horaires aux gens qui n’avaient pas de poste mais qui se retrouvaient à toujours travailler chez nous », ajoute Christian Gauthier.

Mais l’emploi demeure exigeant et la situation est surveillée de près par toutes sortes de mesures, ajoute le directeur.

« Je tiens aussi à ce qu’on fasse attention à l’image que la clientèle des RAC peut donner des personnes qui ont une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. Nous avons plus de 1500 usagers en suivis. De ce nombre, il y en a 100 qui ont des troubles du comportement, dont 28 sont dans des RAC actuellement. C’est une minorité. Et souvent, les usagers ne sont pas violents; ils expriment des besoins qui ne sont pas compris. Par exemple, nous avions un usager qui avait des problèmes de comportements, puis à force d’être avec lui, les intervenants ont fini par découvrir qu’il avait mal aux jambes. Depuis qu’il a des médicaments pour contrôler sa douleur, c’est fini, il va bien, il n’a plus de problème de comportement », ajoute M. Gauthier.