Le manège William disparaîtra d'ici dix ans

Le manège militaire de la rue William fermera ses portes d'ici sept à dix ans et sera ensuite mis en vente. Les quelque 225 militaires du Sherbrooke Hussars et de la 52e Ambulance de campagne déménageront leurs activités au manège militaire Colonel-Gaétan-Côté de la rue Belvédère.
« Le problème du manège William est que les fondations sont poreuses. On ne peut pas les réparer. Selon nos analyses, ça reviendrait à déconstruire le bâtiment et à le reconstruire. Les coûts seraient faramineux. Dans la dernière année, nous avons fait des travaux de stabilisation et de nettoyage. Présentement, les employés peuvent y travailler de façon sécuritaire. Mais les moisissures finiront par revenir parce que la cause des problèmes n'a pas été éliminée », explique le lieutenant-colonel (Lcol) François Lagacé, commandant de l'Unité des opérations immobilières pour le Québec des Forces armées canadiennes (FAC).
Après une longue évaluation, la solution retenue a donc été de condamner le manège William pour consacrer un budget plus important aux rénovations et à l'agrandissement du manège Belvédère, qui pourra ainsi accueillir les quatre unités de réserve de Sherbrooke (voir autre texte). Pour l'instant, les Fusiliers de Sherbrooke et le 35e Régiment des transmissions (anciennement 714e Escadron des communications) sont les seuls occupants avec un peu plus de 300 membres.
« C'est la solution la moins onéreuse pour les FAC », explique le Lcol Lagacé.
Il faudra cependant de sept à dix ans avant de mener à bien les travaux qui permettront à environ 550 militaires de travailler ensemble au quotidien. Pendant ce temps, les membres des Sherbrooke Hussars et de la 52e Ambulance de campagne « continueront d'occuper le manège William et nous continuerons de l'entretenir », ajoute François Lagacé.
Investissement dans un seul manège
Rappelons que La Tribune dévoilait en février 2015 que les deux manèges militaires de Sherbrooke se trouvaient dans un état avancé de détérioration et nécessitaient des travaux d'urgence pour assurer la santé et la sécurité des travailleurs. En tout, neuf options étaient sur la table, dont la possibilité de rénover l'un des deux bâtiments et de se départir du second, de vendre les deux bâtiments pour en construire un nouveau ou encore de rénover les deux bâtiments.
Après plusieurs années d'analyse, c'est finalement la centralisation des quatre unités de réserve au manège Belvédère qui a été retenue.
« Le manège Belvédère est celui qui a le plus de visibilité comme il est situé au centre-ville. Et c'est surtout celui qui peut être rénové le plus facilement », ajoute-t-il.
L'hypothèse de fermer les deux manèges et de construire un nouveau bâtiment est maintenant écartée. « Ce n'est pas une option qu'on regarde », assure le haut gradé.
Les militaires sherbrookois ont toujours fait valoir que leurs deux manèges étaient très bien occupés, principalement celui de la rue Belvédère avec ses quelque 300 réservistes, et que c'était impensable de loger les quatre unités de réserve sous un même toit. « Les FAC ont redéfini des barèmes pour l'utilisation des espaces. On peut y loger plus de personnes dans un même bâtiment. Les manèges militaires ne sont pas des bâtiments qui sont utilisés à 100 % en tout temps... », explique le Lcol Lagacé.
En effet, seule une petite équipe permanente travaille quotidiennement pour les manèges militaires. Les autres membres sont des réservistes qui viennent aux entraînements et aux formations principalement les soirs et les fins de semaine.
« Les plans des travaux du manège Belvédère (voir autre texte) seront faits en fonction des besoins : on va prendre en considération leurs besoins en bureaux, en salles de classe, en entreposage, l'espace pour leurs véhicules... »
L'avenir des quatre unités de réserve est assuré, assure le lieutenant-colonel François Lagacé. «Oui, nous voulons garder les quatre unités à Sherbrooke. Nous investissons dans le manège dans le but de garder toutes les unités, les plus petites comme les plus grandes. Par exemple, il y a une unité médicale à Sherbrooke. Ce n'est pas parce qu'elle est plus petite que d'autres qu'elle est moins importante: on en a besoin », soutient-il.
Que deviendra le bâtiment de 178 ans ?
Les militaires cesseront d'occuper leur manège de la rue William d'ici sept à dix ans. À quel avenir est donc voué cet imposant bâtiment de 178 ans ? Chose certaine, l'édifice ne fait plus partie des plans des Forces armées canadiennes (FAC).
« On va s'en départir. On veut maximiser nos bâtiment », explique le lieutenant-colonel (Lcol) François Lagacé, commandant de l'Unité des opérations immobilières pour le Québec des FAC.
« Nous allons mettre en branle un projet de désinvestissement du gouvernement fédéral. On va voir s'il y a d'autres intéressés au gouvernement fédéral, puis provincial. Ensuite on va le mettre en vente tel quel, le bâtiment dans son état actuel et son terrain », ajoute-t-il.
Sur le rôle d'évaluation foncière de la Ville de Sherbrooke, le terrain du manège est évalué à 386 000 $ et le bâtiment, à 825 000 $ pour un peu plus de 1 M $.
C'est la mauvaise qualité des fondations du manège militaire qui causent ses problèmes les plus importants.
Ainsi, pendant quelques années, de nombreux locaux avaient été condamnés à cause des moisissures qui nuisaient à la qualité de l'air et mettaient ainsi en péril la santé et la sécurité des militaires qui y passaient leurs journées. La 52e Ambulance de campagne avait dû délocaliser plusieurs de ses activités.
Or, au cours des dernières années, plusieurs travaux de stabilisation ont été effectués. Des travaux de drainage ont été fait tout le tour du manège militaire afin d'aider l'évacuation des eaux et ainsi minimiser l'infiltration d'eau à l'intérieur du bâtiment, principale cause de la formation des moisissures.
Un nettoyage en profondeur a été effectué dans les sous-sols. De nouveaux planchers et un plafond suspendu ont été posés dans certains bureaux et pièces de rangement. Des travaux de peinture ont aussi été effectués.
Des militaires rencontrés sur place se sont montrés ravis des travaux effectués qui ont ajouté de la luminosité et une meilleure ambiance à leurs lieux de travail.
Malgré tout, une certaine odeur d'humidité demeure dans certains secteurs du sous-sol.
Le grand garage, qui sert aussi d'aire d'entraînement, est situé à l'arrière de l'édifice. Il a été renforcé avec une structure métallique puisque sa structure était en train de s'affaiblir.