Le maire de North Hatley, Michael Page, affirme que le contexte à North Hatley est véritablement différent des endroits où sévissent des inondations importantes au Québec, laissant entendre que les inondations qu'a connues sa municipalité, durant les dernières décennies, n'ont jamais été catastrophiques.

Le maire Page persiste et signe

La construction de maisons en zone inondable constitue un choix risqué, tel que le démontrent les inondations majeures observées à travers le Québec ces jours-ci. Toutefois, le maire de North Hatley, Michael Page, persiste et signe. Il continue de croire que le projet de son administration de permettre la construction de 200 unités d'habitation au coeur du village, en secteur inondable, demeure justifié.
« Ce qui se passe dans le reste du Québec et chez nous, ce sont deux choses différentes, affirme d'entrée de jeu M. Page. Il y a trois à quatre pieds d'eau dans certaines régions en ce moment. C'est malheureux pour les gens touchés. Par contre, pendant ce temps-là, c'est complètement sec chez nous. »
Afin de prouver que le contexte à North Hatley est véritablement différent, le maire du village laisse entendre que les inondations qu'a connues sa municipalité, durant les dernières décennies, n'ont jamais été catastrophiques.
« Même en 1994, une année à laquelle se réfèrent des citoyens opposés à notre projet, la situation n'a pas été si grave. En tout cas, ça avait fait moins de dommages que certains le prétendent cette année-là », affirme Michael Page.
De plus, M. Page remarque qu'un plan de gestion de la zone inondable devra être adopté avant que le moindre permis de construire soit délivré. Le retrait des canalisations qui contraignent l'écoulement du ruisseau Kezar, dans le centre du village, fait partie des mesures proposées pour diminuer les risques d'inondation à cet endroit.
« Il faut bien regarder chaque cas pour comprendre quels sont les éléments à prendre en considération. On mène le processus amorcé avec rigueur et on pense que, à la fin, la meilleure décision sera prise. »
Opposant farouche au projet de la municipalité, le citoyen Michael Grayson confie être « interpellé par les inondations » qui font présentement les manchettes au Québec.
« Compte tenu de ce qui se passe à différents endroits sur le territoire, j'hésiterais beaucoup à donner le feu vert au projet de North Hatley, si j'étais un ministre du gouvernement provincial. Ça risque de venir les hanter un jour ou l'autre », soutient M. Grayson.
Cet opposant suggère d'ailleurs que le gouvernement du Québec deviendra probablement plus sensible à la question de la construction en zone inondable une fois que les inondations actuelles seront terminées. « On pense qu'il fera preuve de prudence à l'égard du cas de North Hatley. On ne sait pas si sa réponse sera négative à la fin. Par contre, il faut espérer qu'on ne permettra pas de construction dans la zone ayant la cote 0-20 ans. »
En terminant, Michael Grayson rappelle que, selon toute vraisemblance, les risques d'inondation augmenteront un peu partout sur le territoire québécois, en raison des changements climatiques. « C'est également une chose à considérer. »