En septembre dernier, l'Église essénienne avait reçu l'ordre de détruire ou de déménager dans les 60 jours certains de ses bâtiments par la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

Le maire Landry rouvre le dialogue avec les Esséniens

Toujours privée des taxes municipales de l'Église des esséniens, la municipalité de Cookshire-Eaton discutera par téléphone avec ses dirigeants à la fin du mois afin de faire avancer le dossier. Mais de son propre aveu, le maire Noël Landry entretient bien peu d'espoirs de faire des progrès significatifs.
« Nous avons une rencontre téléphonique de prévue à cet effet à la fin d'avril, mais nous attendons de voir ce qui va découler de ça. Cependant, nous n'avons aucun espoir d'en venir à une entente, ni aucune appréhension. C'est un aspect légal, donc ça va se dérouler entre notre avocat et celui des esséniens. Ils ont d'ailleurs changé d'avocat à deux reprises depuis le début de ce litige », explique M. Landry.
En septembre dernier, l'Église essénienne avait reçu l'ordre de détruire ou de déménager dans les 60 jours certains de ses bâtiments par la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). La communauté avait cependant contesté cette ordonnance destinée à ce que le territoire agricole qu'elle occupe soit utilisée à cette fin. Cette ordonnance a évidemment été retardée en raison de la contestation des esséniens. « La rencontre prévue avec tous les intervenants à la fin d'avril permettra d'avoir une idée plus claire de la direction que celui-ci prendra », espère M. Landry.
Taxes foncières impayées
En plus de ce litige autour du zonage du territoire, la ville de Cookshire-Eaton doit également composer avec le refus de la communauté essénienne de payer ses taxes foncières.
Cette dernière croit que sa propriété est reconnue par la Fabrique d'Église, mais la municipalité objecte que ce statut ne s'applique qu'à un lieu de culte et un presbytère.
Avec une vingtaine de bâtiments, dont des maisons, des habitations à logement, des chalets et une salle qui sert de lieu de culte, le maire croit que l'Ordre des esséniens ne peut avoir droit à un tel privilège.
« Les esséniens n'ont toujours pas l'intention de payer ces taxes foncières, mais la loi leur permet cela. Cependant, nous aurons peut-être une lueur d'espoir avec la CPTAQ. Si celle-ci accepte qu'il puisse y avoir 12 presbytères, ça nous enlève toute chance. Par contre, si elle en reconnait un seul, c'est notre point qui sera reconnu », résume le maire.
Les esséniens n'ont pas donné suite à nos appels.