François Legault et plusieurs de ses ministres ont pris le temps de répondre aux questions des jeunes militants de la Coalition avenir Québec dimanche à l’Université Bishop’s.

Le lithium, un «bijou non exploité» au Québec

Le gouvernement caquiste souhaite que le Québec devienne un chef de file dans le domaine de la voiture électrique. Le premier ministre François Legault et son ministre de l’Environnement l’ont martelé dimanche à Sherbrooke.

Pour ce faire, le Québec doit exploiter le lithium, utilisé dans la confection des batteries rechargeables lithium-ion, sur son territoire. Le Québec possède d’ailleurs la troisième réserve mondiale de lithium, selon le premier ministre.

« C’est un bijou non exploité, a-t-il lancé lors de son discours devant la jeunesse caquiste réunie en congrès à l’Université Bishop’s. Ça va prendre des batteries et ces batteries peuvent venir du Québec. L’autre avantage qu’on a c’est l’intelligence artificielle. Je me le fais dire partout dans le monde, il y a des entreprises qui viennent s’installer à Montréal notamment parce qu’on est bon en intelligence artificielle. »

Benoit Charette, ministre de l’Environnement, a renchéri sur le sujet à la suite d’une question posée par un militant sur les dangers que peut amener l’exploitation de cette ressource.

« Le lithium a toutes les chances de devenir l’or noir du 21e siècle compte tenu de l’électrification non seulement du transport, mais de bien d’autres volets de notre vie, explique-t-il. C’est vrai que le lithium, la plupart du temps, est extrait dans des conditions environnementales extrêmement néfastes notamment en Russie et en Amérique latine. Je préfère, et de loin, que l’on puisse exploiter et extraire le lithium du Québec, qu’on puisse le transformer et le développer dans des conditions environnementales qui soient celles de Québec, c’est-à-dire avec de hauts standards. On est placé devant une certaine contradiction où l’on veut une électrification, mais on ne veut pas de mines de lithium. Oui au développement de cette ressource minière avec les normes environnementales québécoises qui sont nettement plus sévères que ce qu’on retrouve actuellement ailleurs dans le monde. Non seulement notre économie va en profiter, mais notre environnement également. »

Sans remettre en question les investissements dans le transport collectif, le premier ministre a avoué que cette solution n’était pas envisageable pour les milieux ruraux.

« Il n’y a pas le volume et la masse suffisante pour avoir partout du transport collectif, résume M. Legault. Il y a donc un projet incontournable, l’auto électrique. Il faut être les champions de l’auto électrique parce qu’on a des surplus d’électricité et le pétrole, on en importe pour 10 milliards et on est tanné. »

+

Ce qu’ils ont dit

« La France et le Québec ont une relation d’amour qui date depuis longtemps. Malheureusement, cet amour ne s’est pas traduit en échanges commerciaux. On transige plus avec l’Allemagne qu’avec la France. C’est un peu ridicule. »

Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie

« C’est comme dans un couple, on ne peut pas toujours négocier en menaçant de se séparer. Ça ne fonctionne pas. »

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille, sur les relations entre les gouvernements provincial et fédéral

« Je vais parler en tant que papa, mais est-ce qu’on pourrait avoir des congés qui sont plus intéressants? Est-ce que le rôle du papa ne pourrait pas être davantage valorisé et mis de l’avant. Je pense que oui. »

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille.

« Je crois à la télévision, je crois à Télé-Québec. C’est un outil culturel extrêmement fort qui, je le pense, est sous-utilisé. »

Nathalie Roy, ministre de la Culture

« J’ai modifié le cours d’histoire qui est donné dans le nord du Québec pour enseigner l’histoire du monde circumpolaire. C’est un cours qui permet aux jeunes autochtones d’être fiers de qui ils sont et de ne pas regarder leur passé comme des gens qui attendaient l’arrivée des Occidentaux. »

Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation, sur la question autochtone

« Je serais assez ouvert pour laisser davantage de choix aux étudiants du Cégep. Si on créait par exemple une banque de cours de formation générale qui sont tous d’égale valeur, mais qu’on laissait le choix aux élèves, on pourrait peut-être avoir un équilibre entre une formation générale commune et une formation qui intéresse les gens. »

Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation

Propos recueillis par Simon Roberge