Marius Bourgeoys

Le leadership au service de l’éducation

Le virage numérique se vit partout : non seulement au travail, mais aussi – et surtout – à l’école. Dans un tel contexte, comment l’école peut-elle s’adapter à cette réalité qui remet en question les fondements mêmes de l’école de la transmission et de l’acquisition des savoirs?

Une des réponses à cette question réside dans la manière d’assumer son leadership, a expliqué le conférencier et spécialiste du leadership Marius Bourgeoys, au cours d’une conférence donnée vendredi devant 300 enseignants, employés et directeurs de l’Association des écoles privées de l’Estrie (AEPE), sous le thème « repenser l’école ».

Aujourd’hui conférencier, M. Bourgeoys est un ancien enseignant et directeur d’école qui a fait carrière en Ontario. Selon lui, le leadership repose d’abord et avant sur soi.

« Il faut partir du principe qu’on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas, dit-il. Il faut donc travailler beaucoup sur soi, car dans le milieu de l’éducation on est appelé à donner beaucoup de nous-mêmes, tant sur le plan intellectuel, physique qu’émotif. Les élèves passent, mais nous on reste. Il faut donc accepter le fait qu’on doit toujours être en mode apprentissage. »

D’autant plus, ajoute-t-il, que « les élèves apprennent beaucoup sinon davantage en nous regardant : nos manières, nos humeurs, nos tendances, etc. Notre façon d’être face à l’apprentissage devient donc extrêmement importante. »
Et selon lui, le leadership doit aussi être assumé par chacun des élèves : « Tout le monde peut être un leader dans la mesure où tout le monde est appelé à devenir un apprenant à vie. Et c’est ce qu’il faut inculquer chez nos élèves. »

Une des façons d’y arriver, dit-il, repose dans l’approche du 20 pour cent, par laquelle l’élève contribue progressivement à son propre développement. « Il s’agit de prendre 20 pour cent du temps de classe qu’on consacre à un projet issu des passions des élèves. On part donc des élèves plutôt que du programme. Et on essaie de voir comment cette approche peut prendre de l’expansion entre les bulletins », explique-t-il.  

Pour Éric Faucher, président et porte-parole de l’AEPE, le concept développé par M. Bourgeoys correspond aux objectifs de l’AEPE.  

« Ce qu’on vise chez nos enseignants, c’est qu’ils deviennent des leaders pédagogiques et qu’ils amènent les élèves vers un autre schème de pensée, c’est-à-dire d’être au centre de leur apprentissage et ce, à leur propre rythme », a indiqué M. Faucher.