Larry Hodgson, le « jardinier paresseux », était de passage au Centre d'interprétation du Marais de Magog, le 26 mai dernier.

Le jardinage revient à la mode

L’intérêt pour le jardinage a récemment regagné en popularité. Pratique quelque peu perdue par les dernières générations, la culture de ses propres légumes redevient une tendance. Qu’elle possède un terrain pour jardiner ou pas, la population semble renouer avec les méthodes du passé.

« À l’origine, deux générations en arrière, presque tout le monde était né sur une ferme, vivait sur une ferme ou avait un contact avec une ferme. On n'a plus ce contact direct dès l’enfance avec la terre », explique Larry Hodgson, plus connu sous le nom de « jardinier paresseux ».

Ce dernier était de passage à Magog la semaine dernière lors des Journées de la nature, événement organisé par le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie.

Le célèbre jardinier est l’auteur de plus de 50 livres horticoles. Il est d’avis que la culture de la terre est une pratique montante. 

« Cultiver les légumes soi-même et, surtout, la culture en contenants sur le balcon, sont devenus plus populaires. Le jardinage urbain, quoi! » Les nouvelles générations souhaitent consommer leurs propres légumes chez eux, même si elles ne possèdent pas de terrain pour le faire.

Découvertes gustatives

Selon M. Hodgson, la population veut de plus en plus savoir d’où proviennent les aliments dans leurs assiettes. « Les gens ne font plus confiance aux produits des épiceries. Si on veut être sûrs qu’un légume est biologique, la meilleure façon est de le produire soi-même. »

Larry Hodgson écrit tous les jours sur son blogue à propos de tous les aspects du jardinage. Plusieurs lui écrivent chaque jour. Le sujet qui revient le plus souvent, et qui le fait toujours sourire, reste la découverte gustative des internautes : un légume frais cueilli n’a pas le même goût que lorsqu’il est acheté à l’épicerie.

« Dans la nature, il y a une saison pour manger les choses », explique-t-il. Vu que les légumes et aliments viennent de loin, avec toutes les techniques de transport, la plante n’arrive pas à prendre son meilleur goût. « Quand on cueille frais, on fait des découvertes extraordinaires! »

C’est d’ailleurs dans cette direction que l’homme d’affaires souhaite évoluer prochainement : permettre aux gens d'apprécier les bonnes choses lors des bonnes saisons.

« La nature s'occupe des plantes »

La technique privilégiée par M. Hodgson veut que le jardinier ait le moins d’interventions à faire. « La nature s’occupe des plantes », précise-t-il. Cette technique colle encore très bien avec les nouveaux amateurs, ce qui permet à M. Hodgson de pratiquer son métier et d’évoluer dans le domaine depuis une quarantaine d’années.

« J’ai encore des questions chaque jour. Pour les nouvelles générations, il faut très souvent partir de zéro pour commencer un jardin ou se familiariser avec la pratique », explique-t-il. 

Le jardinage ayant sauté deux générations, la population n’est plus autant informée sur le sujet.

« C’est frappant! Je pense que je suis la seule personne au monde qui fait un blogue quotidien sur le jardinage, rigole-t-il. Quand je regarde les statistiques, plus d’un tiers des gens sont en bas de 35 ans. »

M. Hodgson espère que l’intérêt perdurera et que ces nouveaux amateurs pourront transmettre cette passion à leurs enfants. Il s’agit d’une véritable sensibilisation à l’environnement et à l’aspect biologique de nos aliments.

« Comme toute chose, il y a des hauts et des bas. Peut-être que dans la prochaine génération il va y avoir un bas, mais pour l’instant on remonte beaucoup », précise-t-il.