Yves Bolduc

Le gouvernement n'écarte pas une hausse des droits de scolarité supérieure à l'inflation

Le gouvernement Couillard n'écarte pas une hausse des droits de scolarité supérieure à l'inflation au cours de son mandat.
Questionné par l'opposition mercredi matin, le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Yves Bolduc, a refusé de s'engager à épargner les étudiants.
«On n'a pas l'intention de «jouer dans le même film» (qu'en 2012, lors de la crise étudiante qui a durement éprouvé le précédent gouvernement libéral de Jean Charest), a commencé par indiquer M. Bolduc, en commission parlementaire sur l'étude des crédits de son ministère. À moyen terme, on ne voit pas d'augmentation très marquée.»
Il a répété qu'il n'y a pas d'intention gouvernementale d'augmenter les droits de scolarité au-delà de la hausse du coût de la vie, mais en ajoutant que personne ne peut prédire l'avenir. «C'est là-dessus que je veux quand même être prudent, a-t-il précisé. Il faut se garder une marge de manoeuvre. (...) Ce serait irresponsable de la part d'un gouvernement de commencer à donner ses orientations pour même quatre, cinq ou six ans.»
Puis, M. Bolduc a poursuivi en disant qu'on ne peut prédire non plus ce qui va arriver dans deux, trois ou quatre ans, c'est-à-dire pendant le mandat actuel du gouvernement. Selon lui, il faudra d'abord voir les «conditions budgétaires» du gouvernement.
Le ministre en a même discuté avec les associations étudiantes, qui étaient au front lors de la crise de 2012 pour contester les hausses prononcées des droits de scolarité.
«Advenant le cas qu'il y aura des changements de position gouvernementale, on va les informer», a-t-il dit.
La porte-parole péquiste en matière d'Éducation, Véronique Hivon, n'a pas caché sa stupéfaction et a bien pris note de refus du ministre de s'engager à aligner les hausses des drotis de scolarité sur l'indice des prix à la consommation.
«Je suis très étonnée, voire inquiète de la réponse du ministre», a répliqué Mme Hivon, en relevant ainsi que le gouvernement Couillard renonce à la «mesure-phare» du précédent gouvernement Marois de s'en tenir à l'indexation des droits de scolarité.