Jacinthe Bouchard, propriétaire de Zoo Académie

Zoo Académie à Nicolet: nager avec les loups

Nicolet — Faire contre mauvaise fortune bon cœur. Si quelqu’un représente bien cette expression, c’est sans aucun doute Jacinthe Bouchard, la propriétaire de Zoo Académie à Nicolet. Même les deux pieds dans l’eau, elle trouve le moyen de faire des blagues alors que son entreprise a une fois de plus des allures d’arche de Noé.

«L’inondation est pire qu’en 2017. On est en canot, en kayak. On va nourrir les loups en chaloupe. On prend ça en riant un peu», raconte la spécialiste du comportement animal. Elle offre même aux gens de venir visiter le zoo en kayak en échange de dons. «On a quatre kayaks, des ceintures de sauvetage. On voulait faire nager avec les loups au lieu de nager avec les dauphins», blague-t-elle. «Tous nos forfaits, tous nos cours sont tombés à l’eau, alors on offre des forfaits kayaks dans le zoo, ce qui est unique au monde», ajoute-t-elle, en riant.

Malgré la crue des eaux, les animaux sont au sec.

La crue historique de 2017 a causé bien des maux de tête à Mme Bouchard alors que des animaux avaient dû être évacués en catastrophe. Ce n’est pas le cas cette année. Tout a été aménagé pour réduire au maximum les inconvénients liés à la crue printanière. Tous les animaux ont un abri en hauteur. «On s’était bien préparé en 2017. Tous les animaux sont au sec, ils ont de la nourriture.» Une écurie a aussi été construite l’an dernier dans une zone non inondable.

En 2017, les dommages subis par le zoo s’étaient élevés à environ 500 000 $. Cinq bâtiments avaient dû être démolis et toutes les clôtures avaient dû être refaites. Il n’y a rien de tel cette année, mais un bon ménage sera nécessaire. «On va demander l’aide des gens quand ce sera sec pour nettoyer, parce que c’est atroce tout ce que les marées nous apportent ici.» Ce sont surtout des arbres et des branches qui jonchent le site, mais un réfrigérateur et même une urne – vide – se sont échoués sur la berge.

En 2017, Mme Bouchard s’était fait dire que ce genre d’événement n’arrive qu’une fois aux 50 ans. Disons que les changements climatiques ont balayé bien des certitudes. Mais ce n’est pas suffisant pour décourager Mme Bouchard. «On est prêt et si c’est comme ça chaque année, on fera des forfaits en kayak. Moi, je ne me décourage pas pour les trucs pour lesquels je n’ai pas de contrôle.» Est-ce qu’elle songe à déménager? «Jamais de la vie!», s’exclame-t-elle.

«C’est le paradis ici. On a 11 mois de paradis pour un mois qu’on est dans l’eau. C’est un choix qu’on a fait de vivre sur le bord de l’eau, et ce choix, je l’assume.»