L’ex-maire Yves Lévesque a donné sa première entrevue depuis sept mois, mercredi matin.

Yves Lévesque sort de son mutisme et réitère son intérêt pour une candidature au fédéral [VIDÉO]

Trois-Rivières — «Si la santé me le permet, que je suis à 100 %, je serai au rendez-vous.» C’est en ces mots que l’ancien maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, est sorti de son mutisme de près de sept mois depuis son départ en congé de maladie, en octobre dernier. Rencontré par Le Nouvelliste à la sortie d’un restaurant mercredi matin, M. Lévesque a confirmé qu’une candidature chez les conservateurs dans Trois-Rivières était encore au menu en vue des élections fédérales de l’automne... si la santé le lui permet.

On sait que l’ex-maire avait quitté pour un congé de maladie en octobre, pour finalement remettre sa démission le 26 décembre dernier. Encore aujourd’hui, il demeure avare de commentaires sur les circonstances entourant ce départ. «La santé, c’est personnel. Je ne m’étendrai pas là-dessus. Ce que je peux dire, c’est que je n’avais plus l’énergie d’affronter tout ça. Je montais les marches à l’hôtel de ville et je n’étais plus capable. Il fallait que j’arrête. J’aurais pu rester trois ans et ne plus rien faire, m’asseoir sur mon steak, donner 10 % de rendement. Je remercie les médias d’avoir respecté cette pause à mon égard», indique celui qui, visiblement, a repris du poil de la bête. 

Depuis l’annonce de son départ de l’hôtel de ville, Yves Lévesque confirme qu’il a été très souvent à l’extérieur. Il a multiplié les visites chez son fils aux États-Unis, les vacances en Floride, puis au Mexique. Une recommandation médicale de son médecin de couper le plus possible les ponts afin de véritablement s’imposer un repos forcé. «J’y ai pris goût! J’ai encore le goût de faire des choses, de relever des défis, mais aussi de m’occuper de ma famille. J’ai donné beaucoup de temps au travail dans ma vie, mais je n’étais pas équilibré. J’ai pris goût au voyage», confie-t-il.

Conservateurs

Encore intéressé par la chose publique, Yves Lévesque pourrait donc bel et bien être sur les rangs des conservateurs à l’automne. «J’avais déjà dit que c’était mon intention. Ça fait des années que j’en parle. Un moment donné, il faut passer de la parole aux actes. Il y a encore trop de dossiers qui me tiennent à cœur et qui relèvent du fédéral. Le train à grande fréquence en fait partie, l’aéroport aussi. Mais également le programme de la taxe sur l’essence, qui a toujours bien fonctionné. La taxe sur l’essence, c’est quelque chose de récurrent. Moi je dis au gouvernement fédéral: arrêtons de créer des programmes dans lesquels ça prend des fonctionnaires pour les gérer. Il y a un système qui marche très bien, c’est la taxe pour l’essence. On sauve de la bureaucratie et de la paperasse. Il y a des programmes comme gouvernement canadien, il faut que ce soit adapté en fonction des besoins réels», a-t-il lancé.

Questionné sur la prime de séparation de près de 250 000 $ versée lors de son départ de la mairie, sous la mesure exceptionnelle qu’il démissionnait pour des raisons de santé, Yves Lévesque est catégorique: s’il se lance en politique fédérale, il remettra sa prime en totalité et n’en bénéficiera pas.

Élections

Quant à la course à la mairie de Trois-Rivières, l’ancien maire n’entend pas prendre position sur la place publique. Il se désole toutefois de nombreuses mesures ayant été mises en place par l’actuel conseil municipal depuis son départ. «On a fait un travail extraordinaire dans les dernières années pour alléger la fonction publique et rééquilibrer les dépenses. On a été cité en exemple partout au Québec depuis la fusion. Moi, j’aurais voté contre le budget, ils ont tous voté pour le budget. Rajouter 41 postes à la Ville de Trois-Rivières, ça n’a pas de bon sens», déplore celui qui s’inquiète aussi de voir l’actuel conseil vouloir revoir la politique de gestion de la dette mise en place sous sa gouverne avec les anciens conseillers. 

Yves Lévesque ne prendra donc pas position publiquement, mais espère entendre les candidats parler du salaire des élus, de Vision zéro et de politique de gestion de la dette.

«Le conseil veut faire un autre réajustement salarial. Est-ce que les candidats vont accepter une autre augmentation de salaire? Moi, comme contribuable j’aimerais le savoir. Quand j’étais là, on a gelé les salaires pendant huit ans de temps. Je considère qu’on est très bien payé pour le travail qu’on a à faire. C’est sûr que si on fait de la microgestion, on va vouloir être payé plus», mentionne-t-il, décochant une flèche à l’actuel conseil municipal à qui il avait déjà reproché de faire de la microgestion. «Notre rôle n’est pas de dire aux fonctionnaires quoi faire, mais d’engager les meilleurs, de leur donner les grandes orientations et les outils pour performer, et ils ont performé», rappelle-t-il.

Yves Lévesque estime par ailleurs que l’adoption de Vision zéro ne répondait pas à un besoin. «Il n’y avait pas de problème. Certaines intersections étaient dangereuses et on n’a même pas réglé ça. Qu’on se concentre là. Mais qu’on arrête d’inventer des problèmes où il n’y a pas de problème. Ce n’est pas vrai qu’en baissant la limite de vitesse à 40 km/h, on va régler la situation. Si l’orientation est de ralentir l’automobile pour que les gens prennent le transport en commun, dites-le à la population que c’est ce que vous voulez faire. Mais il y a des coûts rattachés à ça», lance-t-il.

Yves Lévesque se donne encore quelque temps avant de prendre une décision concernant sa candidature aux élections fédérales. Il ne compte pas, d’ici là, multiplier les sorties publiques. «Si j’y vais, si je me sens prêt, vous allez le savoir», a-t-il lancé.