À l’image de plusieurs mois de 2018, le dernier trimestre a connu la pire correction boursière (- 14,3 %) de la dernière décennie au pays de l’Oncle Sam. Une situation qui a d’ailleurs étonné plusieurs experts.

Wall Street: pire mois de décembre depuis les années 30

«Nous venons de traverser le pire mois de décembre (-9,2 %) enregistré à Wall Street [depuis la Grande dépression] des années 30!»

C’est l’un des messages qu’a récemment publiés le vice-président principal et économiste en chef chez iA Groupe financier, Clément Gignac, sur son compte LinkedIn.

Son objectif n’est pas d’être alarmiste, mais on ne peut pas nier le fait que 2018 aura laissé quelques ecchymoses dans le portefeuille des investisseurs et des entreprises détenteurs d’actions.

À l’image de plusieurs mois de 2018, le dernier trimestre a connu la pire correction boursière (- 14,3 %) de la dernière décennie au pays de l’Oncle Sam. Une situation qui a d’ailleurs étonné plusieurs experts.

Du côté nord de la frontière, au Canada, la performance n’a guère été plus salutaire avec une baisse de rendement de 11,6 % pour l’année.

«On va se le dire, nous avons un cycle boursier prolongé. Il y a eu de très bonnes années. Si on regarde depuis 2009, même avec la correction du mois de décembre, nous sommes à environ 270 % de hausse. On parle de rendements moyens de l’ordre de 12 % à 13 % annuellement», tient à nuancer M. Gignac.

Ce dernier explique que ce sont notamment des propos du président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, sur une possible hausse des taux d’intérêt à l’automne dernier qui ont créé de l’inquiétude dans la tête des investisseurs, ce qui a fait trembler les poutres du parquet new-yorkais.

Baisse de 6 %

L’impact s’est fait ressentir, entre autres, sur le S&P 500 durant les premières semaines de décembre. 

Le 24 au matin, en l’espace de quatre heures, l’indice de référence en prenait de nouveau pour son rhume avec une baisse de 2,5 %.

«Entre la fin septembre et le 24 décembre, on parle d’un écart entre le sommet (2930) et le creux (2350) d’environ 19 %», explique M. Gignac pour illustrer la situation.

Sur l’année complète, la diminution du S&P 500 a été de près de 7 %. 

Toujours en décembre, le Dow Jones et le Russell 2000 ont également été malmenés durant plusieurs semaines.

«Il y a eu un rebond entre Noël et le jour de l’An, ce qui a permis de sauver un petit peu la mise», précise toutefois M. Gignac, estimant que cette valse boursière pourrait éventuellement paraître dans certains rapports financiers d’entreprises ou d’organisation comme, par exemple, la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Malgré ces récents résultats, l’économiste en chef chez iA Groupe financier affirme qu’il n’y a pas lieu de paniquer. Surtout que le mois de janvier semble avoir reçu une bonne dose d’adrénaline. L’indice baromètre de la Bourse américaine a rebondi de quelque 7,9 %.

«Lorsqu’on analyse les 13 corrections majeures depuis la Seconde Guerre mondiale, la moitié du temps, il n’y a pas de récession. On voit alors que le marché a tendance à récupérer rapidement ses pertes. Or, depuis son creux du 24 décembre dernier, les actions américaines ont rebondi de quelque 15 %, confirmant en cela l’importance de ne pas trop se faire distraire par les manchettes alarmistes et d’avoir une vision à long terme, conseille M. Gignac. Ceci dit, il ne faudrait pas pour autant conclure que la volatilité est totalement dissipée même avec une Fed devenue plus conciliante», poursuit-il.

Ce dernier mentionne que l’un des facteurs de risque à surveiller au cours des prochains mois est la possibilité que la présente guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis dégénère en guerre technologique. «Une menace pouvant conduire à du nationalisme économique et limiter le potentiel d’exportation dans l’empire du Milieu!» estime-t-il, ne voyant toutefois pas de récessions à l’horizon.

Les politiques économiques «imprévisibles» de Donald Trump pourraient aussi venir brouiller les cartes. 

C’est pourquoi il invite les investisseurs à répartir leurs placements dans différentes zones géographiques afin de mieux absorber une nouvelle correction boursière.

«Il faut regarder du côté des pays émergents, comme la Chine ou le Brésil. Est-ce que je pense que le marché boursier va être plus élevé à la fin de l’année? La réponse est oui», conclut M. Gignac, rappelant que lorsqu’on investit à la Bourse, il faut voir à long terme.