Vers la fin de la prime jaquette

Les médecins spécialistes ne pourront bientôt plus réclamer une «prime jaquette» à chaque fois qu’ils doivent enfiler un habit pour les protéger des patients contagieux.

Diane Francoeur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ), sonne la fin de cette prime dans un éditorial publié vendredi dans la revue Le Spécialiste, qui traite de l’entente salariale conclue il y a quelques semaines avec le gouvernement. 

«À la suite de cette entente, nous allons également revoir certains écarts insolites résultants de mauvaises décisions : adieu la célèbre jaquette. Ce tarif sera annulé pour investir dans les visites de prise en charge en tant que médecin traitant. Chaque association devra faire son ménage... pour une utilisation optimale des fonds publics», écrit Mme Francoeur. 

Il n’a pas été possible d’obtenir davantage de détails à ce sujet, car Mme Francoeur n’a pas voulu accorder d’entrevues aux médias vendredi. 

Cette prime de 66 $ que peuvent réclamer les spécialistes en médecine interne chaque fois qu’ils s’occupent d’un patient en isolement, atteint de grippe ou de gastro par exemple, a été largement décriée ces derniers mois. Le Journal de Montréal avait aussi révélé une prime d’assiduité de 105 $, versée aux spécialistes qui arrivent à l’heure pour une intervention chirurgicale. 

«La prime jaquette ou pour arriver à l'heure, c'est un exemple de la perversion dans laquelle on évolue», a soutenu Hugo Viens, président de l'Association médicale du Québec (AMQ), dans une récente entrevue au Soleil

Attaque aux médias

Dans son éditorial, Mme Francoeur s’attaque une fois de plus aux médias, en déplorant cette «ère du tribunal public et de fake news». «Tous ces gains pour les médecins spécialistes et pour les patients, qui auront un meilleur accès aux soins, sont disparus aussi rapidement qu’annoncés pour laisser place au cirque médiatique dont le seul but est l’exclusivité à n’importe quel prix, avec pour conséquence, la désinformation», écrit-elle. 

Mme Francoeur soutient qu’il est faux de dire que la rémunération des médecins spécialistes dépasse la parité canadienne, alors qu’aucune étude ne l’a démontré.