Martin Dufour et François Ruel sont propriétaires du Groupe Kaméléon. Ce dernier construira une usine de production du cannabis à des fins thérapeutiques et cosmétiques dans Charlevoix.

Une usine de cannabis de 100 M$ dans Charlevoix

Une usine de production et de transformation du cannabis à des fins thérapeutiques et cosmétiques devrait voir le jour dans la région de Charlevoix. Un projet à terme de 100 millions $ qui devrait entraîner la création de 400 emplois d’ici 2020, a appris Le Soleil.

Le promoteur, le Groupe Kaméléon, propriété d’un consortium d’hommes d’affaires québécois, souhaite construire son nouvel établissement «à la fine pointe de la technologie» en bordure de la route 138, à Petite-Rivière-Saint-François.

Pour réaliser son projet baptisé Altitude 640, la direction a déposé au cours des dernières semaines une offre d’achat conditionnelle à l’obtention de ses permis de Santé Canada pour un lopin de terre de plus de 10 millions de pieds carrés dans ce secteur. Le terrain est situé à proximité de l’entrée de la municipalité.

L’édifice sera d’une superficie de 41 000 pieds carrés et un peu plus d’un million de pieds carrés de terre serviront à la culture en serre.

«C’est un développement porteur pour la région. On va offrir des emplois de qualité. Je travaille et je réfléchis à ce projet depuis maintenant quatre ans», indique au Soleil Martin Dufour, qui collaborera dans cette aventure avec, entre autres, François Ruel, qui a gravité dans le monde politique et des affaires.

Au cours des dernières semaines, ils ont présenté leur projet au maire de la municipalité, Gérald Maltais.

«Notre structure de financement est presque complétée. Nous avons des investissements privés. Des fonds nous ont aussi approchés. Dans une deuxième ronde de financement, on veut aller sur le marché des fonds dispensés. Et éventuellement, on verra si nous deviendrons une compagnie publique», note-t-il, expliquant les rouages de son montage financier.

Processus

Au total, la direction estime que l’usine pourra transformer annuellement près de 100 000 kilos de cannabis et ses résidus. L’objectif est d’utiliser «tous les éléments de la plante, de la tige à la cocotte».

Pour l’heure, la compagnie est toujours dans le processus pour obtenir ses permis de Santé Canada pour produire du cannabis à des fins thérapeutiques et cosmétiques. Elle espère obtenir les autorisations nécessaires au cours des 12 à 20 prochaines semaines.

Si tout se déroule selon les plans des hommes d’affaires, la production devrait débuter vers la fin 2019 ou au début 2020. Les travaux pour la sortie de terre de l’usine, de son laboratoire et des premières serres — environ 535 000 pieds carrés — débuteront ce printemps. L’objectif est de commercialiser les produits et leurs dérivés sous l’enseigne le Kaméléon au Canada et également à travers le monde.

«Lorsqu’on parle de produits dérivés, on peut penser aux produits cosmétiques, par exemple, des crèmes ou des shampoings. Ce sont des produits sans effet euphorique», note M. Dufour, ajoutant que selon Statistique Canada plus d’un demi-million de Canadiens pourraient participer au programme de cannabis médical d’ici 2024.


« C’est un développement porteur pour la région. On va offrir des emplois de qualité »
Martin Dufour, vice-président du Groupe Kaméléon

Afin d’appuyer la première phase de son chantier, la direction espère également mettre le grappin sur un laboratoire de recherches pour les produits dérivés à base de cannabis. Il sera situé à l’extérieur de Charlevoix.

«Ce laboratoire servira pour faire du développement pour nos produits cosmétiques. Nous sommes en négociations. On veut aussi s’associer avec des laboratoires d’universités» avance l’homme d’affaires, fils de l’ancien comédien Yvon Dufour.

Le patron n’écarte pas la possibilité de produire du cannabis à usage récréatif ou des dérivés comestibles. Mais, il assure que ces options ne figurent pas dans ses plans à court terme.

«On verra, mais ce n’est pas notre but. [...] Éventuellement, c’est certain qu’on pourrait regarder l’aspect alimentaire, mais en ce moment, ce n’est pas légal», tranche-t-il.

Rappelons que le pot sera légal au pays de Justin Trudeau à partir du 17 octobre. Ottawa prévoit légaliser les produits comestibles à base de marijuana au cours des 12 mois suivant.

Pour la deuxième phase du projet Altitude 640, qui devrait avoir lieu en 2020, le Groupe Kaméléon souhaite ouvrir un deuxième centre de recherche et développement pour des produits dérivés. L’établissement devrait être érigé dans Charlevoix.

Fondation

L’entreprise souhaite aussi créer en 2019 une fondation qui collaborera avec des organismes à but non lucratif de la région.

«On veut aider les organismes locaux à aider les gens dans le besoin, que ce soit des enfants, des familles ou des handicapés. On veut aller où il y a des besoins», explique M. Dufour.

Le conseil d’administration de la compagnie devrait être formé au cours des prochaines semaines. Il sera composé de sept personnes issues du milieu des affaires.

Le siège social du Groupe Kaméléon est situé sur la Grande Allée, à Québec.