La saisie d'une telle quantité de cannabis montre que le marché noir reste une source d'approvisionnement importante pour les amateurs de pot à Lévis, malgré la présence d'une SQDC sur la Route du Président-Kennedy.

Une SQDC à Lévis ne freine pas le trafic de cannabis

La présence d'une Société québécoise du cannabis (SQDC) à Lévis ne semble pas avoir freiné les ambitions de deux présumés trafiquants qui auraient voulu vendre plus de 3000 grammes de pot illégal sur le marché noir.

Le Service de police de la Ville de Lévis (SPVL) a arrêté samedi Marc Lamoureux, 49 ans, et Annie Goupil, 40 ans, pour du trafic de stupéfiants.

Le SPVL avait reçu de l'information du public concernant deux suspects qui vendaient de la drogue à Lévis. L'enquête du groupe  ACCES  Cannabis  du  SPVL a montré que l'homme et la femme arrêtés, qui n'habitent pas ensemble, «entretenaient un lien d’affaires», indique Patrick Martel, porte-parole du SPVL. 

En mai, les policiers ont mené trois perquisitions dans les résidences respectives des deux suspects. Sur place, ils ont non seulement trouvé 3212 grammes de cannabis illicite, mais 4367 comprimés de méthamphétamines, 1,6 gramme de cocaïne, 7823 cigarettes de contrebande et du matériel servant à la vente de stupéfiants. 

La saisie d'une telle quantité de cannabis montre que le marché noir reste une source d'approvisionnement importante pour les amateurs de pot à Lévis, malgré la présence d'une SQDC sur la Route du Président-Kennedy. 

Marché noir populaire

Récemment, un sondage de l’Université Dalhousie révélait que plus de 60 % des consommateurs de cannabis québécois continuaient de s’approvisionner sur le marché noir. Les résultats du sondage, d'abord rapportés en mai dans Le Journal de Québec, suggéraient que les Québécois boudaient encore largement la SQDC, six mois après son ouverture. 

«Le marché noir joue un rôle assez important encore», analyse Sylvain Charlebois, professeur en distribution agroalimentaire à l’Université Dalhousie d’Halifax et auteur principal du sondage.

Selon M. Charlebois, le prix du pot sur le marché noir au Québec est de 25 à 30 % moins cher qu'à la SQDC. 

De plus, la stigmatisation perdure, ce qui décourage plusieurs amateurs d'acheter du cannabis ouvertement malgré la légalisation, estime Sylvain Charlesbois. «Je ne pas sûr que tout le monde est à l'aise de faire affaire avec le gouvernement», dit-il. 

Lors de l’entrée en vigueur de la Loi sur le cannabis, en septembre, les corps policiers québécois, dont celui de Lévis, avaient lancé le programme ACCES Cannabis (action concertée contre l’économie souterraine) pour intensifier la lutte contre la contrebande de cannabis à toutes les étapes de l’approvisionnement, allant de la production illégale à la contrebande de quartier.