Sylvain Gaudreault est attristé par le départ d’Alexandre Cloutier. Il confirme que tous les députés font une réflexion avant des élections, mais de son côté, sa décision est prise et il se représentera en octobre.

«Une perte pour le parti»

(Anne-Marie Gravel) – Sylvain Gaudreault est attristé par l’annonce du départ d’Alexandre Cloutier. Il comprend la décision de son collègue, la respecte, mais estime qu’il s’agit d’une perte pour le Parti québécois dont il confirme qu’il défendra toujours les couleurs aux prochaines élections.

« C’est une grosse nouvelle. C’est une décision qui m’attriste, mais en même temps, je comprends et respecte sa décision. Je retiens surtout l’excellente collaboration que nous avons eue, Alexande et moi. Nous avons été élus ensemble, la même année. Nous avons fait tous les combats ensemble. C’est une journée très particulière », a-t-il confirmé au cours d’un entretien téléphonique. 

Le député de Jonquière à l’Assemblée nationale estime qu’il s’agit d’une perte pour le Parti québécois. 

« C’est sûr que c’est une perte pour le parti. Il avait un apport extraordinaire. Ça va nous manquer. »

Sylvain Gaudreault a appris d’Alexandre Cloutier lui-même qu’il quittait la politique. Le député de Lac-Saint-Jean lui a téléphoné très tôt mardi matin pour lui faire part de sa décision. 

« Ç’a été vraiment une surprise, convient-il. Il informe le parti à l’avance. On reconnaît bien Alexandre qui a le sens des responsabilités. »

Le député comprend la décision de son collègue. « La vie politique, c’est dur. Je peux le comprendre. »

De retour

Il comprend aussi qu’Alexandre Cloutier ait réfléchi à son avenir au cours des dernières semaines. Il confirme faire de même avant chaque élection. 

« C’est la première fois qu’on vit une élection à date fixe. C’est normal que les gens réfléchissent. Moi, j’ai fait ma réflexion. Ma décision est prise. Je vais être là. Est-ce que je trouve ça toujours facile ? Non. C’est un travail exigeant. Il faut donc se poser la question chaque fois à savoir si on veut continuer. Personnellement, ma réponse est oui », affirme celui qui n’est pas inquiet pour l’avenir du parti dans Lac-Saint-Jean. 

« C’est une organisation en santé, avec des finances saines. Je ne suis pas inquiet pour la suite et je serai là pour supporter l’équipe. »

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Philippe Couillard déplore lui aussi le climat d’adversité en politique

(Meghann Dionne) – Le premier ministre du Québec et député libéral de Roberval, Philippe Couillard, avoue partager les préoccupations d’Alexandre Cloutier, qui déplore que la partisanerie «divise inutilement et crée des barrières».

«Évidemment, on voudrait tous faire de la politique différemment, mais il y a tout un écosystème dont les [journalistes] font partie qui finit par créer des relations d’adversité et de confrontation», souligne Philippe Couillard. 

Il s’est particulièrement adressé aux journalistes en leur demandant ce qui faisait les manchettes le soir. «Est-ce que c’est un moment où les politiciens sont d’accord ou c’est un moment où il y a un affrontement spectaculaire de type partisan? C’est ce genre d’ambiance qui use, celui d’être toujours dans cette relation d’adversité», déplore M. Couillard. 

Le premier ministre a par ailleurs indiqué que la période qui précède les élections générales en est toujours une de remise en question pour les élus. 

«La politique, c’est un gros saut qu’on fait dans la vie, affirme-t-il. Ça représente plusieurs aspects de sacrifices personnels et familiaux. Chaque personne doit réévaluer son engagement à chaque fois qu’une élection générale arrive.»

Le député de Roberval a aussi souligné le travail d’Alexandre Cloutier à l’Assemblée nationale. «J’ai beaucoup d’estime pour M. Cloutier, avoue-t-il. C’est un homme politique de grande qualité. Mon seul regret, c’est que ç’a été un adversaire politique.» 

Questionné à ce sujet, Philippe Couillard a précisé que le caucus libéral se portait bien. Il n’y a, selon lui, aucune raison d’anticiper une vague de départs au sein de son parti. 

«On est contents des résultats qu’on obtient et on est très optimistes pour les élections», a-t-il conclu.

Marc Asselin, maire d’Alma

Ce qu'ils ont dit...

Marc Asselin, maire d’Alma

«Ç’a été un choc, une surprise. Par contre, je le comprends. Le monde de la politique, c’est un monde dur. Il a fait deux courses à la chefferie et on sait que le PQ est un parti assez dur envers ses candidats. Il y a aussi sa famille, donc c’est une décision que je comprends. C’est une personne qui nous a bien représentés. On perd quelqu’un de qualité. Mais je ne suis pas inquiet pour son avenir du tout.»

Denis Trottier, ancien député péquiste dans Roberval

«Alexandre a contribué beaucoup à faire du Québec ce qu’il est aujourd’hui. Je suis ici pour le remercier et aussi lui dire que si jamais il décide d’y retourner, je vais être là pour l’appuyer. Mais lorsque la flamme descend, il faut avoir la décence de dire ‘‘je suis mieux de lâcher’’. Car pour bien faire sa job, ça prend tout un feu de foyer en dedans.»

Roger Filion, ancien directeur général de Liberté à vélo qui a récemment reçu la médaille de l’Assemblée nationale des mains d’Alexandre Cloutier

«Sa décision ne me surprend pas. J’avais parlé avec lui récemment. La flamme était moins là. J’ai la chance d’avoir de bons liens avec lui, donc notre lien d’amitié va rester, mais autrement. Et je suis certain qu’il continuera à contribuer à notre milieu.»

Dominic Gagnon, ancien candidat à la mairie de Saguenay et chef du PCS, qui tenait à se déplacer en personne pour saluer le travail réalisé par le député de Lac-Saint-Jean

«On se souvient, dans la campagne, les péquistes se sont ligués contre moi. Lorsque j’ai annoncé que je voulais rendre gratuits les sites de sports aux jeunes de moins de 18 ans, Alexandre Cloutier trouvait que c’était une mesure pertinente. Il avait accepté d’appuyer cette annonce, pas ma candidature, mais c’était quand même envers et contre tous qu’il a appuyé mon idée. Il avait une liberté de penser très forte qui l’honorait beaucoup. Je trouvais ça inspirant.»

Propos recueillis par Laura Lévesque