La Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec espère que le gouvernement fasse preuve de plus de sévérité envers les personnes qui refusent de porter un masque.
La Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec espère que le gouvernement fasse preuve de plus de sévérité envers les personnes qui refusent de porter un masque.

Une minorité de bars fautifs, selon la Corporation des propriétaires de bars

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
La Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec espère que le gouvernement fasse preuve de plus de sévérité envers les personnes qui refusent de porter un masque. Elle souhaite que les constats d’infractions soient remis à la personne en question et non à l’établissement qui l’accueille.

« Si les gens reçoivent un constat d’infraction, ils vont y penser deux fois la prochaine fois. Ce n’est pas facile pour les employés de jouer à la police avec la clientèle », souligne le directeur général de la corporation, Renaud Poulin, lorsque joint par La Tribune pour commenter le cas des deux bars sherbrookois ayant reçu de multiples infractions en fin de semaine. 

Rappelons que le bar Le Figaro et le bar du Chat noir ont fait les manchettes dans les derniers jours pour non-respect des consignes sanitaires. Un rapport d’infraction général a été rédigé et remis au Directeur des poursuites criminelles et pénales afin de déterminer les constats d’infractions et les amendes qui en découleront. L’amende minimale est de 1000 $. Selon le porte-parole du Service de police de Sherbrooke, Martin Carrier, « c’était comme avant la COVID-19 », sans distanciation ni masque.

À ce propos, le directeur de la santé publique en Estrie a annoncé en conférence de presse mardi être en discussion avec des inspecteurs de la CNESST.

« Est-ce qu’on va faire [des inspections] dans tous les bars? Mon équipe est en train d’examiner s’il y a lieu de faire une tournée de rappels dans certains établissements », a expliqué le Dr Alain Poirier. 

Une minorité problématique 

Renaud Poulin croit que c’est seulement une minorité de bars qui ne respectent pas les consignes émises par la santé publique. « En général, les gens font très attention et ça se passe bien. Oui les gens oublient parfois leur masque lorsqu’ils ont consommé de l’alcool, mais il faut leur rappeler et ça se passe bien. C’est une minorité de clients qui ne veulent pas collaborer », précise-t-il.

Selon M. Poulin, le règlement interdisant de servir de l’alcool après minuit sans offrir de la nourriture sème la confusion chez les tenanciers de bar. C’est d’ailleurs une des infractions qui ont été relevées au Figaro. 

« Certains ont demandé des permis au MAPAQ pour commencer à servir de la nourriture et continuer à vendre de l’alcool, mais ils n’ont pas de cuisine. Un micro-onde ce n’est pas assez pour servir de la nourriture. Ça prend plus que des ailes de poulet pour pouvoir continuer à servir de l’alcool. Les gens sont un peu mêlés sur cette question », affirme le directeur général. 

En entrevue avec La Tribune, le propriétaire des deux bars sherbrookois déplorait lundi une absence de ressources pour aider les entrepreneurs à faire respecter les mesures sanitaires. À ce propos, M. Poulin croit à l’inverse qu’il existe des ressources, mais que les propriétaires d’entreprises doivent être patients. 

« On peut toujours appeler à la CNESST, mais il faut être patient. Nous-mêmes, nous recevons beaucoup d’appels pour des questions. C’est juste que c’est souvent long et souvent les gens se découragent », soutient-il.

Les prochains moins risquent par ailleurs d’être particulièrement difficiles pour les bars alors que les terrasses devront fermer pour l’hiver. « Avec juste 50 % de la clientèle à l’intérieur, ça va être très dur d’être rentable », indique M. Poulin, en précisant être particulièrement inquiet pour les boites de nuit. « Leur chiffre d’affaires se réalise entre minuit et 3 h du matin. Il y a déjà des fermetures et on risque d’en voir beaucoup dans les prochains mois. »

 M. Poulin ne croit pas que le gouvernement Legault se dirige vers une fermeture complète des débits de boissons. « Nous n’en sommes pas là je crois. Nous espérons qu’il travaillera plus par secteur. Il ne faut pas forcer tout le monde à fermer. Surtout, on espère que le gouvernement va aller de l’avant avec les contraventions aux clients. Ça nous aiderait beaucoup et il semble être ouvert à aller dans cette voie », croit le directeur général.