Une jeune maman garde espoir et s’accroche à la vie

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
Dimanche prochain, Marjorie Pedneault s’envolera en direction de San Francisco en compagnie de son frère afin de recevoir des traitements spéciaux pour son cancer du sein métastatique, un cancer de stade 4. Une collecte de fonds est actuellement organisée sur les réseaux sociaux afin d’aider financièrement la femme de Roberval dans ses démarches.

C’est en octobre 2018 que Marjorie Pedneault a reçu son diagnostic de cancer du sein triple négatif. Durant la même période, celle qui était déjà la maman d’un garçon, Samuel, était enceinte d’un autre, Antoine. Depuis, les deux garçons ont grandi et ont respectivement 4 ans et 18 mois.

La mère de famille apprenait en avril dernier que le cancer avait continué de faire des ravages malgré les nombreux traitements. Nouveau verdict: cancer du sein métastatique, un cancer de stade 4 incurable.

« À venir jusqu’à date, il n’y a aucun traitement qui a fonctionné sur moi. Mon cancer a continué de progresser malgré tout », avoue celle qui garde espoir de voir grandir un peu plus longtemps ses deux enfants.

États-Unis

Ce sursis médical, c’est aux États-Unis qu’elle pourrait l’obtenir, plus précisément à San Francisco, dans une clinique spécialisée.

« On en est rendu là, on s’apprête à aller aux États-Unis car il y a une offre pour différentes immunothérapies combinées », explique-t-elle. 

Pour l’aider dans toutes ses démarches et recherches, elle reçoit l’aide de l’un de ses frères. « Il a passé des milliers d’heures dans la recherche et est en contact avec plusieurs oncologues. »

Elle assure que toutes ses démarches sont approuvées par son oncologue québécois. « Je pars dimanche pour la Californie et lundi je vais recevoir l’injection du traitement expérimental. Je vais continuer les traitements standards ici et à ça je vais rajouter ces traitements-là. »

Comment voyage-t-on en pleine pandémie du coronavirus? « J’ai obtenu un genre de laisser-passer signé par les oncologues américains qui prouvent que l’on s’en va là-bas pour recevoir le traitement. C’est supposé nous permettre de passer aux douanes. »

Pour simplifier le voyage et les démarches, elle traversera les douanes américaines en auto avec son frère pour prendre l’avion à Burlington. De là, le duo se rendra en Californie.

Par contre, pas question de faire du tourisme une fois rendu sur place, car ce sera un voyage aller-retour: départ dimanche et retour lundi dans la nuit. L’objectif est de minimiser les risques de contagion. 

« Avec la pandémie de COVID-19 et mon système immunitaire qui est à zéro, je suis déjà hyper à risque d’attraper tout ce qui existe. » 

Si tout va bien et que tout se déroule comme prévu, elle devra y retourner aux huit semaines pour poursuivre son suivi médical.

« Si ça fonctionne pas, il y a d’autres endroits comme en Floride qui combinent des traitements d’immunothérapie, mais ce sont des frais à plus finir. Je suis en contact avec d’autres filles qui sont dans la même situation que moi et certaines sont rendus à plus de 200 000$  de dépenses juste pour un traitement. »

Elle ne s’en cache pas, ce sont de lourdes dépenses, elle qui a dû quitter son métier de coiffeuse. Son conjoint à quant à lui vendu sa compagnie dans le domaine de la construction afin de pouvoir l’accompagner dans ses divers traitements et déplacements. 

La mort

Dans son cas, la mort est pratiquement inévitable, « à moins d’un énorme miracle! ». Mère de deux enfants et heureuse en couple, comment envisage-t-elle la mort, elle qui n’a que 35 ans? 

« J’avoue qu’il faut être assez fort mentalement, car c’est assez pour virer fou de ne pas savoir quand ça va arriver. Le cancer, on ne le sent pas nécessairement. J’avais jamais eu de douleurs et il n’y a rien qui m’avait prévenue de ça, à part un peu de fatigue. En revanche, maintenant, c’est au niveau de la peau, donc je le vois et ça me rappelle qu’à tous les jours, le cancer est en train de me gruger. Je dois rester assez forte, car avec mes enfants, je n’ai pas d’autres choix. »

Elle continue d’apprécier chaque moment passé auprès de ses proches, en particulier ses enfants. « Je suis chanceuse car j’ai encore de l’énergie. Je fais du jogging et j’ai modifié mon alimentation. Je m’occupe de mes enfants encore et je profite de chaque moment avec eux. »

Espoir

Il y a un dicton qui dit que l’espoir garde en vie. Dans son cas, elle l’a bien compris. « Mon espérance de vie n’est pas énorme, on peut parler de six mois, mais moi, les statistiques, je n’y ai jamais cru et je ne veux pas y croire. (…) Mon espoir, c’est que ces nouveaux traitements qui vont s’ajouter à ceux que j’ai ici vont me permettre d’endormir le cancer ou au moins de le ralentir.»

L’espoir, elle en retrouve aussi grâce à sa campagne de souscription organisée sur Facebook. Son objectif initial était d’amasser 50 000 $, et au moment d’écrire ces lignes, le montant accumulé jusqu’à maintenant s’élevait à 105 000 $.

« C’est complètement fou. C’est comme un rêve. Ça me redonne de l’énergie encore plus. Avec tout cet argent et les mots d’encouragement, j’ai un regain et ça me montre que je n’ai pas le choix de continuer d’y croire et d’espérer. »

Pour contribuer à sa collecte et effectuer un don: « Aidez Marjorie à survivre, et garder espoir »

https://www.facebook.com/donate/237200404270089/