Le militant du Bloc Pot, Blak D. Blackburn, a testé quelques produits de la Société québécoise du cannabis.

Une dégustation façon Bloc Pot (vidéo)

TROIS-RIVIÈRES — Et puis il est comment le pot de la Société québécoise du cannabis (SQDC)? Il n’y a pas de sommelier du cannabis au Québec bien qu’il existe des cours dans ce domaine dans quelques provinces canadiennes. Pas de dégustation non plus ni de goûteur. Le Nouvelliste a donc demandé à un connaisseur de donner son avis sur les produits offerts par l’État. Blak D. Blackburn, militant du Bloc Pot, s’est prêté de bonne grâce à l’exercice.

Il a goûté un produit issu de chacune des trois espèces de cannabis qu’on retrouve à la SQDC, soit l’indica, le sativa et l’hybride. Il a essayé le Rockstar, le Delahaze et le Balmoral. Un test qui avait des allures quelque peu surréalistes alors que M. Blackburn s’est allumé un joint dans le stationnement en plein jour devant des dizaines de témoins. «C’est bon», a-t-il lancé après une première bouffée. «C’est un produit Rockstar, indika. C’est boisé dans la pastille de goût», a-t-il ironisé.

Et le verdict? Ils ont passé le test de qualité, façon Bloc Pot. «C’est sûr que c’est une bonne qualité de produit. Peut-être un peu sec, un taux d’humidité peut-être à contrôler. Mais au niveau du produit, c’est beau, c’est bien trimé.»

Le prix est toutefois élevé, selon lui. «On ne s’attendait pas à moins que ça côté qualité, mais c’est cher pour ce que c’est. Ça revient à 10 $ le gramme et dans la rue c’est à peu près 5$.»

Des produits de la SQDC sont moins chers, mais selon un ami de M. Blackburn, c’est un peu comme «boire du vin de dépanneur».

Autre commentaire: M. Blackburn déplore le suremballage. Les clients de la SQDC peuvent se procurer un gramme de cannabis qui est toutefois vendu dans des pots de plastique assez imposants.

Selon ce résident de Bécancour, il est possible de trouver des aussi bons produits que ceux de la SQDC sur le marché noir. «Des produits semblables, c’est disponible dans la rue quand tu as des contacts. Il y a des gars qui font du bio, qui ont des belles petites productions. Tu es capable quand tu circules un peu là-dedans d’avoir des contacts, de trouver tes filières et d’avoir des bons produits. Il y en a dans la rue des bons produits.»

Notons que M. Blackburn avait un conducteur désigné pour son retour à la maison après ce petit test-maison nullement scientifique.

En entrant dans la boutique, certains consommateurs sont quasiment émus en constatant qu’ils peuvent s’acheter le type de cannabis de leur choix en toute légalité. «Je me sens comme un enfant dans une bonbonnière», a lancé un ami de M. Blackburn pendant ses achats. Toutefois, il n’a pas pu se procurer tous les produits qu’il convoitait puisque déjà sur l’heure du midi, certaines tablettes étaient vides.

L’ouverture des succursales de la SQDC était un grand jour pour M. Blackburn qui milite pour le Bloc Pot depuis plusieurs années. Il était aussi candidat pour ce parti dans Nicolet-Bécancour lors des dernières élections provinciales.

«Aujourd’hui, on vient fêter notre victoire. Ça fait 18 ans que je milite. On prend ça cool. On va en fumer un bon, mais demain, le combat recommence parce que tout reste à faire.»

En effet, le Bloc Pot en a contre plusieurs mesures prévues dans la Loi encadrant le cannabis, concoctée par Québec. Il déplore aussi que la CAQ s’apprête à hausser l’âge minimum permettant de fumer du cannabis à 21 ans et qu’elle envisage d’interdire la consommation dans tous les lieux publics. «La CAQ se dirige vers une répression 2.0. Une deuxième prohibition qui va être plus néfaste que ce qu’il y avait avant», s’indigne M. Blackburn.