Celle qui travaille comme chargée des communications n’est pas rentrée au travail depuis le mois de janvier dernier, après une vilaine chute en pleine tempête de verglas dans un stationnement.

Une candidate du NPD fait campagne en congé de maladie

Une candidate du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans la région de Montréal fait activement campagne, alors qu’elle bénéficie de prestations d’invalidité au travail depuis les six derniers mois, a appris La Presse canadienne.

Zahia El-Masri a été confirmée candidate du NPD dans la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville le 31 mai dernier et admet elle-même qu’elle mène une campagne active sur le terrain.

« Chaque fois que je m’implique dans quelque chose, je m’implique à 10 000 % », illustre-t-elle en entrevue. 

À son avis, « toutes les conditions sont favorables » pour qu’elle puisse se présenter à la prochaine élection.

Elle dit avoir fait « beaucoup de porte-à-porte » dans les dernières semaines afin de « vraiment connaître le terrain et connaître les enjeux ».

Un rapide coup d’œil à ses réseaux sociaux suffit pour constater qu’elle enfile les fêtes de quartier, braderies et cocktails dînatoires depuis les dernières semaines.

Elle était notamment sur scène pour le dévoilement du plan du chef Jagmeet Singh en environnement à Montréal le 31 mai, jour de son investiture.

En juin, plusieurs publications la montrent à la rencontre des électeurs ou encore à la recherche d’un local. 

Le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, elle a passé la journée avec M. Singh avant d’assister au défilé en soirée.

Vendredi dernier, elle conviait les électeurs à une rencontre pour la Fête de l’indépendance de l’Algérie. 

Deux jours plus tard, elle tenait un barbecue gratuit pour lancer sa campagne de financement au parc Raimbault.

Mme El-Masri a également accordé des entrevues à des médias locaux et ethniques pendant ce temps. 

Bref, toutes des activités normales d’une candidate qui prépare sa campagne électorale.

Or, celle qui travaille comme chargée des communications n’est pas rentrée au travail depuis le mois de janvier dernier, après une vilaine chute en pleine tempête de verglas dans un stationnement, en se rendant au travail.

Puisque le stationnement où elle se trouvait est à proximité de son employeur, le Regroupement des organismes du Montréal ethnique pour le logement (ROMEL), elle a demandé et obtenu des indemnités pour un accident de travail.

Les personnes souffrant d’un accident au travail ont droit à 90 % de leur salaire, selon la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Un message sur son répondeur au travail indique qu’elle est absente « pour une période indéterminée ».

« Tout est réglé »

Mme El-Masri est restée évasive sur les circonstances de son « accident de travail », se contentant de dire qu’elle a souffert d’une commotion cérébrale et a eu besoin de physiothérapie pour des douleurs au cou.

Elle dit avoir pris soin de sa santé surtout dans les « premiers deux mois » après l’accident. 

« Tout est maintenant réglé. J’ai bien suivi les conseils de mon médecin », assure-t-elle. 

La candidate assure qu’elle aurait pu réintégrer le travail, mais de façon progressive. 

Son employeur a refusé, en raison de la nature de son travail qui implique de rester devant l’ordinateur.

Le directeur général du ROMEL, Mazen Houdeib, admet avoir été « étonné » d’apprendre que son employée malade se présentait en politique. 

« On n’a pas vraiment trop compris », a-t-il commenté.

Selon le dernier rapport du médecin, qui aurait été présenté à M. Houdeib quelques jours avant l’annonce de sa candidature, Mme El-Masri serait toujours inapte au travail à temps complet, ajoute M. Houdeib. 

La Presse canadienne n’a pas pu obtenir ni consulter une copie de ce rapport médical.

Questionnée à savoir comment elle a pu mener une campagne aussi active qu’elle le prétend, Mme El-Masri a répondu qu’elle reste dans ses « limites », sans préciser comment. 

« Vous n’êtes pas avec moi 24 heures sur 24, ni sept jours sur sept », a-t-elle rétorqué dans un second entretien.

Lors d’une mêlée de presse à Ottawa, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a déclaré qu’il était bien au fait de la situation de travail de sa candidate et lui a réitéré toute sa confiance.