La plupart des thons capturés au large des côtes gaspésiennes pèsent entre 450 et 700 livres. Celui de Jean-Alexandre Dubé pèse 940 livres, ou 427 kilos.

Un thon de 940 livres pêché par le chef du Gîte du Mont-Albert

Le chef du Gîte du Mont-Albert, Jean-Alexandre Dubé, a capturé dans la nuit de mardi à mercredi un thon d’une taille exceptionnelle, à 940 livres, au large des côtes gaspésiennes. C’est le plus imposant thon capturé cette année en Gaspésie.

Néophyte dans ce type de pêche, le chef Dubé a été particulièrement impressionné par deux aspects de sa sortie en mer : la vitesse avec laquelle son poisson a mordu une fois les appâts jetés en mer et le combat mené pour remonter son gigantesque thon.

«Une fois rendu au spot de pêche, ça n’a pas pris 10 minutes. On a garroché la boëtte à l’eau et un premier thon a mordu en cinq minutes, mais on l’a perdu. On a remis la ligne à l’eau et ça a mordu tout de suite après. Là, il était bien accroché. Au total, ç’a été plus long se rendre au point de pêche que de faire mordre le thon. J’en suis tombé à terre», raconte Jean-Alexandre Dubé.

Il avait invité deux collègues de travail à bord du Blue Fin 19, propriété du capitaine Mitch Girard, de Gaspé. L’un des invités était Georges Sutton, un collègue de la cuisine du Gîte, originaire de Grande-Rivière. Un photographe et l’un des plongeurs du restaurant avaient également fait le voyage à partir du Parc de la Gaspésie.

«J’avais demandé à Georges : “mon chum, trouve-moi une place à bord d’un bateau de pêche au thon. Je t’emmène”. Il a trouvé le bateau de Mitch, qui avait déjà capturé son thon, mais qui a eu droit à un deuxième, par tirage au sort», explique le chef Dubé.

Ses amis ont été plus que des figurants, une fois le thon accroché à l’hameçon.

«C’est comme au hockey. Il faut revenir au banc. C’est un bon combat. Il faut être trois constamment. Il y a quelqu’un qui tient la canne, et qui reele (mouline) sans arrêt, une personne qui s’occupe de la ligne, et il faut remplacer la personne au moulinet, parce que c’est épuisant. Il faut toujours quelqu’un qui surveille. Si le thon décide d’aller à droite, il faut suivre», explique le chef Dubé.

Il a fallu près d’une heure et demie de lutte pour venir à bout du thon de 427 kilos. Il était un peu avant minuit quand il a été attaché derrière le bateau. «On l’a bien attaché, inutile de dire. On ne peut pas remonter un poisson comme ça en mer, avec le bateau de Mitch. Il a fallu attendre au quai», dit-il.

Le retour au quai de Grande-Rivière s’est effectué deux heures plus tard. Jean-Alexandre Dubé est revenu au Gîte du Mont-Albert à 5h mercredi matin. Ses deux passagers ont dormi au retour, mais le chef était encore sous l’influence de l’adrénaline.

«C’était une première. Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais c’est certain que ce n’est pas le dernier», assure-t-il.

Jean-Alexandre Dubé ne divulgue pas le montant versé à Mitch Girard pour son thon géant. C’est assurément une somme de plusieurs milliers de dollars, mais il n’entre pas dans les détails. S’il n’a pas eu beaucoup de temps pour penser à des recettes pendant qu’il moulinait, en mer, il y avait réfléchi avant, et depuis.

«Il sera servi au Gîte du Mont-Albert à compter du 26 décembre. Il sera congelé frais, en attendant. Notre saison est presque terminée. J’aime mieux que ça reste dans la région. Trop souvent, ça se ramasse à l’extérieur. Nous avons plein de belles ressources dans la région. Il faut que les gens puissent y avoir accès. Il faut aussi en envoyer ailleurs au Québec. On paie souvent mieux que le prix versé par les Chinois. Pour les recettes, je veux le servir en ceviche, en tartare, en steak de thon, avec un minimum d’assaisonnement pour ne pas perdre le goût et comme nous avons un fumoir au Gîte, je vais aussi le fumer, très légèrement, à froid», promet le chef Dubé.

Bon an mal an, environ 120 thons sont pêchés au large des côtes de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. C’est l’un des rares endroits dans l’Atlantique Nord où le stock est en très bonne santé, après un passage à vide des années 70 jusqu’au début des années 2000. Le thon de Jean-Alexandre Dubé a été capturé plus précisément près de la côte de l’île Miscou, au Nouveau-Brunswick, une île visible de la Gaspésie.