Mélyssa Potvin a reçu de nouveaux poumons le 5 août dernier à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal.

Un second souffle pour Mélyssa Potvin

(Pierre-Alexandre Maltais) – Il y a à peine deux mois et demi, une Saguenéenne de 23 ans se trouvait entre la vie et la mort sur un lit de l’hôpital du CHUM de Montréal, incapable de parler ou de respirer par elle-même. Aujourd’hui, Mélyssa Potvin ne rêve que d’une chose : grimper à toute vitesse les marches de son appartement et entamer une nouvelle vie rendue possible par une greffe de poumons qui lui a sauvé la vie.

Atteinte de fibrose kystique depuis la naissance, la femme, qui habite Chicoutimi-Nord, venait tout juste de terminer ses études en arts visuels au Cégep de Jonquière en 2017 quand son état s’est dégradé. Après plusieurs aller-retour à Montréal pour des traitements depuis le début de l’année, la maladie de Mélyssa Potvin prend le dessus au début de l’été et force son hospitalisation qui durera plusieurs semaines. 

Douleur insoutenable

Vers la fin du mois de juillet, la douleur devient toutefois insoutenable et l’état de la femme de 23 ans est si grave qu’on la place en tête de la liste d’urgence québécoise pour trouver un donneur compatible.

« J’ai souffert le martyre, j’ai été dans un entre-deux et mes parents ont pleuré pas mal en attendant le fameux jour où j’aurais mes poumons », raconte Mme Potvin, qui ne se souvient plus trop des six jours qu’a duré l’attente pour un nouvel organe. Ce dont elle se rappelle toutefois, c’est de la veille du 5 août, jour de l’opération qui lui donnera son second souffle.

« Je me souviens parfaitement de la journée où ils ont trouvé la paire de poumons qui allait fonctionner. J’entends encore la voix du médecin me dire “on a tes poumons, on va pouvoir faire ça bientôt”. À ce moment-là, je n’étais même pas capable de parler, je n’avais plus de souffle, mais je me rappelle avoir écrit : quand est-ce qu’on le fait ! », raconte l’artiste en devenir. 

Profiter de la vie

Même si ses nouveaux poumons n’ont pas fait disparaître sa maladie, Mélyssa Potvin entrevoit sa nouvelle vie avec optimisme maintenant que respirer n’est plus un combat de tous les instants. 

« Après l’opération, il fallait que je pense à respirer, je ne savais plus comment respirer », confie celle qui est toujours en observation à la Maison des greffés Lina Cyr de Montréal. J’ai dû réapprendre à respirer, ce qui est assez spécial à imaginer... j’ai l’impression de tout redécouvrir dans la vie. Juste marcher dehors... marcher de mon lit à la toilette, c’était une corvée. Faire le ménage ou l’épicerie, c’était impossible. Maintenant, tout est possible, presque facile. J’ai juste hâte d’être chez moi et de profiter des petites choses. »

Signer sa carte de don

Au lendemain de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, Mélyssa Potvin souhaite que plus de gens soient conscientisés à l’importance de signer sa carte, un geste effectué par un donneur qui lui aura finalement sauvé la vie. 

« En étant [à la Maison des greffés], on se rend compte qu’il n’y a pas beaucoup de donneurs. Il en manque, ça n’a pas de bon sens. J’encourage les gens à signer leur carte, ça devrait être la priorité numéro un », croit celle qui est la mieux placée pour l’affirmer.

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DES GREFFÉS REDONNENT AU SUIVANT

(Annie-Claude Brisson) – Après avoir reçu l’un des plus beaux cadeaux de la vie, soit le don d’organes, trois greffés pulmonaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean redonneront à la Maison des greffés Lina Cyr de Montréal grâce à un souper spaghetti.

Élyzabeth Lalancette, Daniel Côté et Gilbert Tremblay sont à l’origine du souper-bénéfice prévu le 2 novembre à l’école secondaire Camille-Lavoie. 

La totalité des fonds amassés sera remise à l’organisme à but non lucratif, la Maison des greffés Lina Cyr. L’objectif est fixé à 10 000 $. « C’est très important pour moi. Je me fais une mission de les aider. Je trouve cela important », explique Mme Lalancette qui célébrera son premier anniversaire de greffe le 27 octobre prochain. 

La Maison des greffés Lina Cyr accueille des patients provenant des régions. Elle permet aux greffés d’être accompagnés d’une personne, ce qui favorise grandement la récupération. Élyzabeth Lalancette y retournera, pour de courtes périodes, lors d’examens médicaux. 

Celle qui a reçu une greffe pulmonaire en 2017 a passé près d’une année à la Maison des greffés Lina Cyr. Daniel Côté, qui a reçu une greffe pulmonaire en 2012, y a habité cinq mois. Greffé en 2017, Gilbert Tremblay a séjourné à plusieurs reprises à la Maison des greffés Lina Cyr.

Les billets sont en vente au coût de 25 $ auprès des organisateurs, au dépanneur Chez Annick et au dépanneur Alami d’Alma.