Des enquêteurs et reconstitutionnistes de la Sûreté du Québec ont examiné la scène de la collision afin d’établir la cause de la tragédie.

Un remorquage tourne au drame

Un camionneur a perdu la vie alors que son véhicule en panne s’apprêtait à être remorqué en bordure de l’autoroute 10, vendredi matin à Granby. Son poids lourd a été embouti par un autre mastodonte. Deux autres personnes ont été blessées.

Le remorqueur avait garé sa dépanneuse dans l’accotement, devant le poids lourd en panne transportant de l’eau embouteillée, à la hauteur du kilomètre 76. La tragédie se serait produite au moment où le remorqueur installait des cônes. Un mastodonte aurait dévié de sa trajectoire et percuté la zone de remorquage, dont l’arrière du camion en panne. 

Les véhicules se sont retrouvés dans le fossé. Les pompiers sont intervenus avec des pinces de désincarcération pour libérer un des camionneurs impliqués dans la collision de son tracteur routier.

Le décès de Jean-Guy Lenneville, un Sherbrookois âgé de 52 ans, a été constaté sur les lieux. Il s’agit du camionneur qui attendait que son véhicule soit remorqué. 

Le remorqueur et l’autre camionneur ont aussi été blessés, dont un grièvement. Il s’agit d’un Sherbrookois âgé de 22 ans et d’un citoyen de Magog de 39 ans. Les deux hommes ont été traités par les paramédics. En raison de la gravité de leurs blessures, ils ont été transportés au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. 

La Sûreté du Québec a dépêché des enquêteurs et des reconstitutionnistes pour expertiser la scène de la collision. Pendant de nombreuses heures, ils ont examiné le site de la tragédie. 

Le coroner s’est également rendu sur place. 

Aucune hypothèse n’a été avancée par les policiers vendredi pour expliquer la collision. 

L’autoroute 10 en direction est a été fermée jusqu’en soirée entre les kilomètres 74 et 78, ce qui a entraîné de nombreux bouchons de circulation. Les policiers de Granby et de Bromont ont été mis à contribution pour assurer la circulation dans différents secteurs. 

Pierre Laberge, un des représentants de l’Association des professionnels du dépannage du Québec, déplore le non-respect du corridor de sécurité.

Corridor de sécurité 

La tragédie ramène à l’avant-scène la loi du corridor de sécurité offert aux remorqueurs et aux services d’urgence, qui oblige les conducteurs à changer de voie quand ce type de véhicule est immobilisé avec ses gyrophares ou une flèche jaune lumineuse en fonction. 

« Ce n’est pas normal. On en voit encore trop de ces histoires, de ces événements qui sont inacceptables », déplore Pierre Laberge, représentant de l’Association des professionnels du dépannage du Québec et propriétaire d’une entreprise de remorquage. Il s’est rendu sur les lieux de la tragédie pour réconforter le propriétaire de la compagnie de remorquage dont l’employé a été blessé dans l’accident. 

« Un employé du ministère des Transports a été tué l’an passé alors qu’il avait un camion avec une flèche. Deux de mes remorqueurs ont été blessés. On remorque aussi des voitures de police qui ont été embouties par des gens qui n’ont pas respecté le corridor de sécurité », enchaîne-t-il. 

« Le ministère des Transports et les instances gouvernementales, appuyés par notre association, font des campagnes publicitaires qui sont très touchantes et faciles à comprendre pour les usagers de la route. Malgré ça, on dirait que les gens ne s’adaptent pas. C’est pire en plus quand un poids lourd comme ça ne se tasse pas. C’est ce qu’il y a de pire », affirme M. Laberge. 

Cette collision n’est pas sans rappeler le décès du policier Vincent Roy en bordure de la route 139 à Bromont en 2011. Il avait été frappé par le miroir d’une camionnette. À la suite de son décès, la loi du corridor de sécurité a été adoptée au Québec. 

« Les policiers constatent encore régulièrement des infractions, indique Jean Bourgeois, directeur du Service de police de Bromont, qui employait M. Roy au moment de la tragédie. Ça n’a pas besoin d’être un véhicule d’urgence ou un travailleur. Le corridor de sécurité devrait être respecté pour tout véhicule en panne sur la route. C’est la moindre des choses d’offrir un corridor de sécurité. »