Un pompier de Roberval combat les incendies en Australie

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Le chef de base de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) à Roberval, Frédéric André, combat le brasier en Australie depuis le 19 décembre. Le Quotidien s’est entretenu, mardi à 4 h 30, heure du Québec, avec le pompier qui complétait une autre journée de travail de plus de 13 heures, soit à 20 h 45, heure locale.

Pour une première fois en l’espace de plusieurs semaines, l’espoir semble poindre face aux incendies qui altèrent le visage de l’Australie. Le chef de base de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) à Roberval, Frédéric André, est l’un de ceux qui combattent les incendies. Il fait partie du deuxième groupe de Canadiens envoyés en renfort le 19 décembre dernier.

« Ça fait environ 24 jours que je suis sur le feu. C’était quasiment sans espoir. Le seul élément qui pouvait changer, c’était la météo. Aujourd’hui, on est rendu là. La météo est de notre bord et c’est encourageant. Le travail au centre de commande est plus calme », témoigne Frédéric André, ajoutant que de la pluie était attendue jeudi.

Au moment de son arrivée, celui qui a été le premier Québécois à être déployé en Australie a occupé un poste d’officier à la planification stratégique. Devant une situation moins critique, le chef de base de la SOPFEU à Roberval s’attend à obtenir une nouvelle affection afin d’être envoyé là où les besoins se font davantage sentir.

C’est son expertise en gestion de feux de forêt qui l’a amené à accepter un rôle volontaire en Australie.

Malgré sa vaste expérience au Canada, celui qui fait partie du deuxième groupe de Canadiens dépêchés en Australie fait face à un terrain inconnu.

« C’est vraiment hors-norme versus au Québec. C’est aussi hors-norme pour l’Australie, puisque ç’a débuté avant la saison des feux de forêt », précise Frédéric André, qui se retrouve à Nowra.

Les feux laissent des traces à plusieurs endroits en Australie.

Habitué aux feux de forêt québécois et canadiens, il souligne la grande différence à laquelle il est exposé en Australie. « C’est le grand nombre de populations menacées par le feu. Il menace les villes et villages en bord de mer. Il fallait, entre autres, aviser la population. Au Québec, les rares fois où ça s’est produit, c’était de petites populations, dont à Chibougamau, à Eastmain et à Baie-Johan-Beetz », explique Frédéric André.

Le pompier mentionne qu’au Canada, le travail est similaire entre les différentes provinces, à l’exception de quelques différences. Les ressemblances avec les États-Unis sont également nombreuses, puisque le système canadien est inspiré de celui de ses voisins du Sud. Malgré une façon de faire différente, les bases communes entre les méthodes de travail australiennes et nord-américaines facilitent l’intervention des renforts canadiens et américains.

De manière générale, une ou deux personnes provenant de l’international sont ajoutées aux équipes australiennes composées de plus de 20 personnes.

Frédéric André a vécu des journées intenses dont celle du 31 décembre. Le feu ne se trouvait qu’à quelques kilomètres du centre de commandement. L’épaisse fumée et la noirceur était observable dans plusieurs secteurs.

Retour le 25 janvier

Le retour au Québec de celui qui a passé le temps des Fêtes loin des siens est prévu le 25 janvier. Son retour à la base de Roberval, dans un peu moins de deux semaines, sera intense, à l’image de sa mission de 38 jours. Le principal intéressé explique qu’il s’agit du moment correspondant à la planification de la saison québécoise. Ainsi, plusieurs rencontres sont déjà prévues pour le chef de base qui compte ensuite profiter de quelques jours de congé.

Rappelant les particularités de son métier, Frédéric André conclut que tous les plans peuvent changer tant qu’il n’est pas dans l’avion le ramenant à la maison.

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DE LONGUES JOURNÉES

Même s’il est volontaire, la mission de Frédéric André en Australie n’a rien de facile. La trentaine de journées passées en sol australien ne permettra pas au Jeannois d’adoption de découvrir le pays. Le regard qu’il a de l’Australie en est un teinté par l’immensité des feux de forêt.

La politique de gestion de la fatigue en Australie oblige le chef de base de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) à Roberval à une journée de repos après cinq journées de travail consécutives.

Cette journée de congé reste tout de même chargée. Elle permet à Frédéric André de réaliser quelques tâches, dont la lessive, communiquer avec sa famille et ses amis et prendre quelques heures de repos après avoir accumulé des journées de 14 heures de travail.

Sans grande surprise, le passage de Frédéric André en Australie n’est aucunement touristique. « L’hôtel où je restais, on était soumis à la fumée et à la cendre. Il n’était pas question de prendre la voiture et de visiter. Même la route principale était fermée », souligne-t-il.

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PAS EN CONTACT AVEC LES ANIMAUX

Les réseaux sociaux et les différentes campagnes de sociofinancement ont exposé, au cours des dernières semaines, des photos marquantes présentant des animaux australiens morts ou mal-en-point.

Frédéric André n’a pas été en mesure de parcourir l’ensemble du territoire occupé par les feux de forêt. Ainsi, il n’a pas été affecté à des zones mettant en scène cette triste réalité puisque son travail s’est déroulé dans des secteurs où les animaux n’étaient pas observables en grand nombre.

Le principal intéressé racontait avoir discuté avec un employé des parcs nationaux. Celui-ci avait apporté de la nourriture à certaines espèces et affirmait avoir observé un signal encourageant quant à leur chance de survie.