Le garçonnet de quelques semaines a subi deux épisodes de violence aux mains de son père en 2018.
Le garçonnet de quelques semaines a subi deux épisodes de violence aux mains de son père en 2018.

Un père violent récidiviste condamné à six ans de pénitencier pour avoir secoué son poupon

Un jeune père de la Beauce coupable pour la deuxième fois de sévices sur son jeune bébé écope d'une peine de six ans de pénitencier.

Les peines de cinq à six ans de détention sont réservées, dans la jurisprudence canadienne, aux cas les plus sévères de maltraitance d'enfants, ceux où les séquelles sont les plus importantes, a précisé la juge Rachel Gagnon de la Cour du Québec, en acceptant la suggestion de peine de la Couronne et de la défense.

Mais dans le cas de Jean-Philippe*, le fait que les voies de fait graves sur son garçonnet de quelques semaines soient une récidive «justifie amplement la peine proposée», estime la juge Gagnon.

Jean-Philippe, 28 ans, a plaidé coupable à deux gestes de violence commis envers son bébé en juin et juillet 2018. 

Énervé par les pleurs de son enfant, le père a compressé le torse du poupon à une occasion et l'a secoué lors d'un autre épisode. Après les derniers gestes, l'enfant a dû être hospitalisé à Québec durant 21 jours, souffrant d'une hémorragie au cerveau et à un poumon ainsi que d'une fracture aux côtes et au crâne.

Le tout-petit a dû subir de très nombreux soins médicaux et être gavé puisqu'il peinait à s'alimenter. Aujourd'hui âgé de deux ans, il aurait repris heureusement un développement normal, même s'il reste de faible poids.

À quelques reprises, Jean-Philippe a exprimé ses remords. «Je pense à mes gestes tous les jours», assurait-il, par le biais de la visioconférence.

La juge Gagnon lui a rappelé qu'il a choisi de se taire après le premier événement et qu'il a continué de rester seul avec son enfant, même s'il se savait à risque.

Au moment des crimes, le père consommait de la testostérone pour améliorer ses performances à l'entraînement. Il savait que la substance le rendait plus impulsif. Il affirme qu'il manquait de sommeil et qu'il travaillait beaucoup comme déménageur.

Entre janvier et avril 2015, Jean-Philippe avait commis des gestes de violence sur sa petite fille, âgée de six mois. Il avait écopé d'une peine de 17 mois de détention. Le père n'avait jamais révélé cet antécédent à la mère de son fils.

Le père est détenu depuis son arrestation. Une fois soustraite la détention provisoire, il lui restera 34 mois de pénitencier à purger. Il lui sera interdit de communiquer avec son enfant.

* Prénom fictif pour protéger l'identité des victimes