La famille savait que le chien était dangereux, selon la juge. Le pitbull avait mordu d'autres enfants, ainsi qu'un autre chien, et il devait porter une muselière après cela.

Un père condamné pour avoir laissé son enfant avec un pitbull qui l'a mordu

MONTRÉAL — Un père fait face à de la prison pour avoir laissé son enfant à la maison, sans supervision adéquate, avec un chien de type pitbull qui était reconnu pour son comportement agressif.

L’homme doit recevoir sa peine le mois prochain. Il a été condamné par une juge de la cour provinciale de négligence criminelle causant des lésions corporelles relativement à l’attaque survenue en septembre 2016.

Selon le jugement, rendu à la fin du mois d’avril, le père avait laissé son fils avec son frère qui souffre du syndrome de Gilles de la Tourette, une déficience intellectuelle légère qui le rend incapable de vivre seul ou de travailler.

Le grand-père du garçon — qui était propriétaire du chien — n’était pas au courant que son petit-fils était à la maison.

La juge de la Cour du Québec, Nathalie Duchesneau, n’identifie pas la race du chien, mais des reportages précédents précisaient qu’il s’agit d’un chien de type pitbull.

Alors que son gardien avait les yeux rivés sur son téléphone, le garçon a couru dans la cuisine où le chien était dans une cage brisée. Il a été mordu au-dessus de l’oeil.

La famille savait que le chien était dangereux, selon la juge. Le pitbull avait mordu d’autres enfants, ainsi qu’un autre chien, et il devait porter une muselière après cela. Il a été euthanasié après avoir mordu le garçon.

La magistrate a déclaré qu’un parent responsable aurait dû savoir que l’oncle n’était pas apte à surveiller le garçon, surtout avec le chien dangereux qui était présent.

«La perfection n’est certainement pas requise, mais la décision spécifique de laisser son enfant de deux ans, sans défense, à une personne intellectuellement limitée, combinée à la présence [] chien dangereux, à proximité, comportait ici un potentiel de danger flagrant et totalement prévisible», écrit la juge Duchesneau.

Elle rejette l’argument de la défense soutenant qu’il s’agit d’un accident, considérant plutôt que «l’accusé a fait preuve d’une insouciance téméraire».

«Bref, l’accusé n’a donc pas eu le comportement auquel on s’attendrait de la part d’une personne raisonnablement prudente qui se trouverait en pareille situation», a-t-elle tranché.

La mère de l’enfant a témoigné qu’il n’avait pas subi de séquelles à long terme de la morsure et que ses cicatrices étaient maintenant guéries.

Le nom du père fait l’objet d’un interdit de publication pour protéger l’identité de son fils.

Il avait d’abord été condamné de négligence criminelle causant des lésions et d’omission de fournir les choses nécessaires à l’existence, mais cette dernière accusation avait finalement été abandonnée.

Le dossier reviendra devant les tribunaux le 3 juin pour l’audience sur la détermination de la peine.