Un homme de 59 ans excédé d’attendre à l’urgence a attaqué un infirmier, dimanche soir, à l’hôpital de Granby.

Un patient tabasse un infirmier à l'urgence de Granby

Un patient désorganisé, excédé d’attendre à l’urgence du centre hospitalier de Granby (CHG), a agressé un infirmier du triage. L’homme de 59 ans a par la suite été maîtrisé, notamment par le gardien de sécurité, qui ne se trouvait pas directement sur les lieux lors de la violente altercation. Le forcené devrait faire face à une accusation de voies de fait.

Une patiente qui a vu l’infirmier du triage, un homme de 39 ans, se faire attaquer par l’homme colérique, dimanche vers 23 h, est d’avis que les gestes posés étaient prémédités.

« Lors d’une conversation téléphonique plus tôt dans la salle d’attente, l’homme à mentionné : “est-ce qu’il va falloir que j’aille le frapper pour passer plus vite”. Le tout verbalisé sur un ton de colère et d’agressivité. Il s’est dirigé d’un pas décidé et il est entré dans le triage pour tabasser gratuitement l’infirmier en place. Il l’a sauvagement attaqué à grands coups de poing et de pied. Je peux très bien comprendre que notre système de santé a ses défaillances, mais de là à commettre des gestes de violence physique et verbale, je trouve cela intolérable et inadmissible pour une société », a-t-elle déclaré à La Voix de l’Est, demandant que l’on préserve son anonymat.

Un sentiment de panique s’est répandu chez la quinzaine de patients présents à l’urgence. « Toute la salle d’attente était en crise. Les gens avaient peur. Imaginez-vous, personne ne savait s’il possédait une ou des armes. J’ai été soulagée lorsque les policiers sont arrivés. Je me sentais davantage en sécurité, a raconté celle qui a été témoin de l’agression. Est-ce vraiment essentiel de vivre dans un monde de terreur ? »

Le Service de police de Granby a corroboré la séquence des événements, précisant que plusieurs personnes sont venues en aide à la victime pour maîtriser l’agresseur. « À l’arrivée des policiers, le suspect tient des propos suicidaires. Il est alors pris en charge par le CHG », a indiqué le porte-parole de l’organisation, Guy Rousseau.

L’infirmier a porté plainte contre son agresseur pour voies de fait. Or, l’assaillant a fait de même contre celui qu’il a attaqué, « jugeant avoir été victime d’une force excessive lors de l’altercation », a mentionné le représentant des forces de l’ordre. L’enquête est toujours en cours. Le suspect a été libéré sous promesse de comparaître le 12 mars.

Inaction

La violence à l’urgence a déjà fait d’autres victimes au sein du personnel du CHG. L’un de ces incidents est survenu en mai 2018. Un patient avait fracassé la vitre du guichet d’admission derrière lequel Jo-Annie Marcotte travaillait.

La jeune femme a réussi à se libérer graduellement des séquelles psychologiques liées au trauma qu’elle a vécu. À quelques jours de réintégrer son poste, après trois mois d’arrêt, elle s’était dite ulcérée que la principale solution qu’elle préconise pour améliorer la sécurité à l’urgence, soit d’avoir un gardien en tout temps, soit rejetée du revers de la main par le CIUSSS de l’Estrie.

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La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin, a aussi déploré l’inaction du CIUSSS dans le dossier.

« C’est épouvantable qu’un de nos membres se soit fait agresser, alors que ça aurait pu être évité. Il y a un poste pour les gardiens de sécurité à l’urgence depuis le réaménagement en 2007. Mais, malgré nos demandes répétées pour augmenter la sécurité, il n’y a pas d’agent. »

Selon la présidente syndicale, un seul gardien de sécurité de soir et de nuit est insuffisant. « L’agent est posté à l’entrée principale, qui n’est pas directement à côté de l’urgence. Ça fait en sorte que les délais d’intervention lors d’une agression sont plus longs. Il doit aussi remplacer la téléphoniste durant ses heures de repas. Sans compter les tournées régulières sur les étages. Il faut que ça change et vite », a-t-elle clamé.

Sophie Séguin a également évoqué que l’ajout d’un dispositif permettant de barrer et déverrouiller à distance la porte du local de triage est incontournable pour assurer la sécurité du personnel.

Correctifs

Appelé à commenter le dossier, le CIUSSS dit prendre « la situation très au sérieux ». « Une enquête est en cours afin de comprendre les circonstances de l’événement survenu dimanche soir à l’urgence de l’hôpital de Granby et apporter les correctifs nécessaires afin d’assurer la sécurité du personnel », a indiqué par courriel Julie Constantineau, du département des communications.

Selon la représentante du CIUSSS, « des mesures de sécurité transitoires ont été mises en place après l’événement, notamment la présence d’un agent de sécurité supplémentaire le soir et la nuit à l’urgence. »

Du soutien psychologique est aussi offert aux employés directement touchés par le récent incident.